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Elle, Édith Giovanna Gassion, aurait eu 100 ans le 19 décembre 2015 ; lui , Gustave-Joseph Viseur, aurait eu 100 ans le 15 mai 2015. Mais, eux se sont donnés rendez vous à Pernes les Fontaines au Studio La Buissonne où « [leurs] yeux amoureux suivent le jeu nerveux, les doigts secs et longs de l'artiste, ça [leur] rentre dans la peau par le bas, par le haut ; c'est physique, [ce sont de] vrais tordus de la musique. » Eux, ce sont Richard Galliano et Sylvain Luc qui ont enregistrés à la mi-août un opus autour des airs amoureux d'Edith Piaf et de Gus Viseur. 

 

Édith Giovanna Gassion est née à Paris et elle est morte le 10 octobre 1963 à Grasse, à l'origine de nombreux succès devenus des classiques du répertoire, comme La Vie en rose, Non, je ne regrette rien, l'Hymne à l'amour, Mon légionnaire, La Foule, Milord, Mon Dieu ou encore L'Accordéoniste. Edith connaît très bien l'accordéoniste Gus Viseur qui l'a accompagné en 1940. En effet, Gustave-Joseph Viseur, dit Gus Viseur, est né à Lessines, en Belgique et mort à Paris, 25 août 1974. C'était un accordéoniste belge qui a abordé tous les genres du répertoire musette (valse, tango, paso doble, ...) et a été l'un des premiers accordéonistes de jazz. Évoluant au côté de la Môme dans les milieux parisiens dès 1930, il développa son jeu aux côtés des guitaristes manouches et enregistra son premier disque en 1937. Il est le seul accordéoniste à avoir été membre du célèbre Hot Club de France dirigé par Charles Delaunay ; on lui doit notamment Joseph, Joseph ; Douce Joie ; L'imprévu ; Nuit de Paris ; Flambée Montalbanaise ; Lorsque Django jouait. 

 

Ainsi, ce qui lie le répertoire de Piaf et de Viseur c'est l'association du swing et de l'amour ; il semble que cette association vaut aussi pour nos deux protagonistes Sylvain Luc et Richard Galliano. Les palettes de couleurs proposées par les deux musiciens donnent à balancer, à se balancer, à danser avec son corps dans l'espace ; mais un espace particulier où règne la complicité et l'intimité. A l'écoute de cet album, enregistré sans casque, dans la même pièce, en face à face ; Sylvain avec sa guitare acoustique, Richard avec son accordéon chromatique nous plonge bien au delà des airs amoureux d'Edith Piaf et de Gus Viseur. Un au delà aux multiples couleurs, un au delà propice aux nombreux voyages, aux enthousiastes partages, à la rencontre de l'osmose ; là où les mots s'arrêtent et la musique commence … (sortie du disque : janvier 2015 chez Milan Records)

 

© Photo Le DL / Angélique SUREL (retouché par Mathieu FERYN) : Richard Galliano (acc.) & Sylvain Luc (guit.)© Photo Le DL / Angélique SUREL (retouché par Mathieu FERYN) : Richard Galliano (acc.) & Sylvain Luc (guit.)

Articles - Musique

Le Tremplin Jazz d’Avignon (TJA) c’est six jours de concerts, deux à trois groupes par jour dans un cadre idéal. C’est accueillir près de 3333 personnes, c’est un nombre inconnu de sandwichs et de boissons vendues par jour pour restaurer le public. C’est aussi des équipes de sécurité ; une fourmilière de bénévoles ; ce sont des techniciens, le staff des artistes, des photographes, des journalistes, des professionnels des métiers des arts et du spectacle, des VIP. Vivre le TJA de l’intérieur c’est aussi une autre approche, c’est des rencontres, c’est entrer par la petite porte et poser un regard autre sur toute cette ruche qui se met au travail dès l’aube et jusqu'à tard dans la nuit pour vous offrir des soirées exceptionnelles dans un cadre, il faut l’avouer, exceptionnel dont la Ville d’Avignon ne peut que s’orgueillir.

Il est un homme au Tremplin que vous avez du croiser oreillettes, kit main libre en main et/ou sur l’épaule, tout de jaune vêtu. Lui, c’est Jeff Gaffet. Déjà rencontré les années précédentes lors d’autres éditions, cet homme est incontournable. Attaché de production, il a en charge le bon déroulement de la manifestation. Il gère avec sourire les arrivées, la presse, les publics, les départs. Jeff a largement contribué à vous faire passer des soirées inoubliables, s’assurant que le séjour des artistes est des plus agréables qui soient.

 

Jeff GaffetJeff Gaffet

Il est aussi un homme qui n’a de cesse de parcourir le site dans tous les sens, connaissant tous les recoins du cloitre des Carmes. Il est de ces hommes qui ne se séparent jamais de son sourire et de sa bonne humeur. Il vous bise avec affection, s’inquiète de votre soirée, soucieux qu’en qualité de journaliste vous soyez bien accueillie et surtout « que tout se passe bien, tout se passe comme vous voulez ». Il c’est Jean Michel Ambrosino, co-président du Tremplin Jazz d’Avignon (avec Mr Robert Quaglierini). Une homme débordant d’énergie, un homme qui en un sourire efface vos angoisses et qui par un mot (plusieurs même) ôte vos interrogations. Merci Jean Michel de cet accueil.

 

Jean Michel AmbrosinoJean Michel Ambrosino

Qui dit tremplins, dit jurés; tous ont l’amour de leur fonction, et prennent plaisir à juger le talent. Parmi eux, Stéphane Belmondo. Entre un verre de coca et un concert, vous ne serez pas en reste de fou-rire. Il maîtrise l’humour, il est un adepte des anecdotes croustillantes, il maîtrise aussi les évolutions esthétiques du jazz. Son regard est passionné, très affiné ; un homme avec qui il est bon de partager deux jours au TJA car au-delà de son intelligence, de son expertise, ils sait partager sa passion et vous donne quelques indices pour partager des énergies sur et en dehors d’un plateau.

 

Stephane BelmondoStephane Belmondo

Puis, il y a ceux que vous croisez, facilement reconnaissables avec leurs T-Shirts jaunes, leurs sacs du Tremplin et leurs sourires (oui eux aussi). Parmi eux (les bénévoles), il y a Alban ; ce garçon a l’œil et le bon ; pour trouver des membres du public, pour leur donner rendez vous au bar ou pour vendre un sac du Tremplin. Vous cherchez un détail, Alban le saisit. Bougrement rusé, Alban et ces charmantes collègues bénévoles (Clara et Christel) vous ont offert chaque soir des sourires et des échanges cordiaux.

 

AlbanAlban

Clara et ChristelClara et Christel

Il est d’une femme journaliste, mais pas que, qui sait aussi semer ici et là la bonne humeur car elle est toujours souriante, c’est Florence Ducommun. Une chouette femme, qui a de multiples talents dont la photographie et l’écriture. Son style est très agréable, elle sait rédiger de doux billets où la sincérité émane. Mais Florence c’est aussi un tas d’autres talents, c’est surtout une femme qui est une source de connaissances, d’anecdotes et de joie de vivre.

Florence DucommunFlorence Ducommun

Pour que vos soirées soient belles, pour que vous soyez certains de savourer un doux moment, il a fallu faire appel à Jean Pierre. Un homme posté ici et là qui veille au bon déroulement du tremplin depuis 22 ans. Il est à l’entrée, il est aux portes des espaces protégés (espace VIP, artistes, presse). Son dynamisme et sa passion pour le jazz sont intacts.

 

Jean Pierre, bénévole depuis 22 ansJean Pierre, bénévole depuis 22 ans

Et puis vivre ce TJA 2014 c’est aussi des rencontres, peut-être d’un seul moment, avec ce photographe passionné et incollable sur le Jazz, avec ceux qui ont pensés et montés de toute pièce les loges, ornées d’un sapin de Noël et d’une boule à facettes. C’est participé à des points presse, à des instants privilégiés, c’est retrouvé des connaissances, c’est se dire que l’on vit des moments uniques.

Les loges des artistesLes loges des artistes

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Cadillac Palace : Jean-Baptiste Berger (saxophone ténor), Sébastien Leibundguth (guitare), Jérôme Klein (batterie & moog)Cadillac Palace : Jean-Baptiste Berger (saxophone ténor), Sébastien Leibundguth (guitare), Jérôme Klein (batterie & moog)

Après notre rencontre d’hier en compagnie de Stéphane Belmondo, membre du jury du TJA au Cloitre des Carmes, aujourd’hui nous avons décidé de rencontrer le groupe Cadillac Palace, candidat au Tremplin Jazz d’Avignon. Nous avions déjà rencontré son saxophoniste rémois lors des jams cessions organisées à l’Ajmi. C’est d’ailleurs là où nous nous sommes donné rendez-vous après leur répétition.

Lorsque nous rentrons dans la Manutention pour la première fois depuis la fin du Festival d’Avignon, nous sommes ravis de retrouver l’Ajmi (Association de Jazz et Musiques Improvisées), partenaire du Tremplin. Nous partons donc sur un terrain que l’on connaît bien, toujours en conservant notre pudeur au sein de ce lieu qui demeure intime, à l’instar des rares clubs de jazz ayant conservés leurs identités pendant 35 ans sur le territoire hexagonal. Jean Baptiste nous reçoit donc le lendemain d’une centaine de kilomètres parcourus depuis Reims avec le reste de son groupe Cadillac Palace.
Coup de pied aux préjugés, cette rencontre démontre une fois de plus la vitalité et la jeunesse de ces musiques, trop souvent renfermé dans un imaginaire collec(fic)tif à un répertoire de vieux pour les vieux. Ainsi, le trio saxophone, guitare, batterie descendent avec nous les Escaliers St Anne et nous accorde 15 minutes pour aborder ses attentes par rapport au Tremplin. La discussion est libre et improvisée, les protagonistes rappellent les apports du TJA pour le développement de leurs carrières, les enjeux d’un tel événement, le regard que les professionnels pourront porter sur leurs musiques et comment ils pensent se différencier des autres musiciens présents sur le Tremplin. Là, nous avons conscience que nous nous adressons à des musiciens qui sont attachés à leurs trios, aux publics, des hommes prêts à partager leurs passion au service des autres. Cette rencontre nous invite à considérer la place de la diffusion du jazz en France, défi maintenu et à réaliser pour développer la création et la scène du jazz actuel. Mais avant, commençons par vous rappeler son implication au sein du Tremplin Jazz d’Avignon.  

 

Quels sont les enjeux/apports du Tremplin pour le développement de votre carrière?

Le Tremplin va donner l’opportunité d’avoir l’avis d’autres professionnels même si nous allons jouer comme si cela serait un concert normal. Nous aurons seulement 40 minutes ; c’est l’occasion de se faire connaître dans un lieu où nous n’avons jamais joué.

Comment pensez vous vous différencier des autres groupes ?

Le trio est un insolite ; avec un nain et deux grands (rires) ; nous allons nos compositions, qui ont une emprise jazz en terme d’influences et sur le plan des interactions jazz. Notre écriture est plutôt rock et métissé ; par exemple, il n’y a pas de basse. La basse est alors répartie entre nous trois ; aussi bien à la guitare, la batterie/le moog, que le saxophone.

Demain, nous poursuivrons notre pérégrination au Tremplin où nous vous livrerons le portrait de Jean Pierre, bénévole au Tremplin depuis 22 ans pour aborder son rôle, le développement de l’événement au cours du temps, son intérêt pour les musiques de jazz et l’ambiance du Tremplin.

Articles - Musique

Aprèplusieurs reportages dans différents festivals des Bouches du Rhône, le dernier à Marseille, notamment je vous annonce à la fois des écrits et des extraits sonores à paraître sur le site de Radio Campus Avignon dans le cadre du Tremplin Jazz d’Avignon. Camille, auditrice de « Ca va Jazzer » et secrétaire de la radio va se lancer dans la réalisation d’un reportage sonore, je vais quant à moi me lancer dans la rédaction d’un portrait de spectateur qui inaugurera, je l’espère, une petite série.

Lorsque je pénètre dans le cloitre des Carmes pour la seconde fois le 1er aout, je ne sais rien de la personne qui va se prêter à l’exercice, mis à part qu’elle vient assister à un concert avec une première partie quasi « Made in Avignon » que nous avons reçu pour l’anniversaire de la radio aux Passagers du Zinc. Ce tremplin est toujours un moment fort dans la vie des avignonnais car il annonce la fin du festival de théâtre.
À vrai dire, nous nous attendons à chercher un moment un portrait ou à quelques tergiversions, mais l’accord d’un spectateur tombe quelques minutes plus tard. 
Bon, les tergiversions viendront tout de même un peu après : alors que nous entrons dans la phase interview, il semble d’abord exprimer quelques craintes pour se prêter à l’exercice.
Nous lui annonçons que "pour le portrait de spectateur, nous comptons parler de lui en fait, ou plus exactement d'avoir une conversation sur les sujets qui viendront naturellement et de synthétiser ensuite la chose... Cela peut donc aller de vos goûts culinaires à la couleur de vos chaussettes en passant par les artistes que vous allez voir au Tremplin ou votre première fois au sein des musiques de jazz…" 
Là, nous avons conscience d'être tombée sur un vrai challenger, un homme prêt à en découdre, un type qui n'hésite pas à parler. Lors de notre première rencontre quelques minutes plus tôt, il nous tutoie rapidement tandis que nous nous engluons dans un tuvoiement de courte durée, dans le genre "et toi, ça fait longtemps que vous venez au Tr’emplin ?" et autre "vous croyez que tu vas aller voir l’ensemble des concerts ?". La conversation se fait facilement, tellement facilement que je ne sors même pas mon carnet et que je ne lui pose aucune question pour le portrait.
Il est prêt, nous le sommes aussi ; et vous ? 


Pourquoi allez-vous au tremplin ?

Je suis actuellement en vacances, originaire de Paris ; c’est un ami qui est passionné de jazz qui m’a invité à venir ce soir. Je ne connais pas particulièrement le programme; mais nous sommes assez curieux de découvrir les artistes invités.

Pensez vous qu’il y a une ambiance particulière au Cloitre des Carmes ?

Oui, nous découvrons le Cloitre ce soir et c’est vrai que le cadre est vraiment sympa. Nous ne connaissons pas la ville, mais l’ambiance est agréable Ce soir, ce sera une totale première pour nous trois, avec j’espère de belles surprises.

Demain, nous vous livrerons le portrait de Jean Michel Ambrosino pour évoquer le partenariat avec l’Université et le place accordée aux étudiants au sein de cette édition et des éditions à venir.

Thomas, spectateur du TJAThomas, spectateur du TJA

Articles - Musique

Nous sommes le 25 juillet 2014, à quelques encablures de la clôture du Festival Jazz des 5 Continents (FJ5C) à Marseille. En compagnie de Nadia (responsable de l’émission #ArtyShow), nous avons bravé la pluie qui s’est arrêtée 10 minutes avant le concert et ce soir nous avons décidé de vous emmener au Palais Longchamp de Marseille.

 

Le site est magnifique, l’eau des fontaines sort de la gueule de lions de pierres et gisent à l’entrée d’un palais digne des plus grands apparats antiques. Pour cette soirée, nous avons prévu de (re)découvrir un programme original orchestré par le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf ; et pour reprendre son propos « ce concert ne ressemblera à aucun des autres de la tournée ». Et pour cause, en compagnie de ces musiciens (Franck Woeste, Laurent David, François Delporte, Stéphane Galland et 3 trompettistes : Youenn Le Cam, Yann Martin, Martin Saccardy), il a invité sur le plateau : Michel Portal, Asa, Eric Legnini, Thomas Dutronc 4tet (David Chiron, Rocky Gresset, Jérôme Ciosi) et Vincent Ségal. Avec un tel plateau, si vous êtes amateurs de musiques, vous pouvez mesurer la diversité des talents en présence et l’attachement d’I.Maalouf à répondre à la problématique d’un festival de jazz au carrefour des continents. En effet, le FJ5C fêtait à l’occasion son 15 anniversaire, il a été créé en 2000 à Marseille et prône la diversité des jazz.

 

La diversité, c’est précisément ce qui est ressorti du programme ; au cours de cette soirée, pleine de surprises, il faudra compter près de 3 500 personnes parmi le public, qui se compose essentiellement de jeunes (20-25 ans) et de quinquagénaires. Ce n’est pas la curiosité qui a poussé le public à venir, le concert était déjà complet trois jours avant la soirée fatidique. Néanmoins, on notera quelques agacements des publics du jazz, principalement assis ; agacés de voir d’autres membres du public qui leur perturbait la vue du plateau ; argument s’il en faut que « la meilleure façon d’écouter du jazz, c’est d’en voir ». Cette discorde est apparue au moment où Thomas Dutronc a demandé au public de se lever puis I.Maalouf a demandé de se rassoir. Et il faut reconnaître que si l’on exclue Beirut qu’il jouera pour clôturer la soirée ; les couleurs dominantes du programme étaient orientées autour d’un jazz résolument funk, rock et électro se prêtant assez aisément à remuer ses hanches. Nadia n’aura pas échappé à cet état de fait et vous a concocté une série de photos réalisées en devant de scène.

En effet, chacun aura apprécié l’environnement dans lequel s’est déroulé la soirée, au sein d’un spectacle VIVANT. De fait, à l’heure où les perspectives pour l’avenir des acteurs du spectacle vivant sont débattues, je vous invite à parcourir les festivals et vous rappeler de Jacques Prévert même si « un peu partout dans le monde, les gens s’entretuent, c’est pas gai. D’autres s’entrevivent, [allez] les rejoindre ».  Alors permettez moi de saluer l’anniversaire du FJ5C à Marseille (15 ans), de suivre de près le bilan du festival d’Avignon au micro de l’Inofficielle et de vous donner rendez vous dès septembre en compagnie de mes camarades de l’émission « ça va jazzer », dirigée cette année autour de 4 thèmes par mois : un artiste, un acteur économique, un live et une problématique liée au jazz en région PACA.

Photos © Nadia Slimani ©

Invités de I.MaaloufInvités de I.MaaloufIbrahim MaaloufIbrahim Maalouf

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