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Combattre la banalisation du SIDA

            Propos recueillis par Nina Guérineau


Quand il a appris pour sa séropositivité, il n’avait que 37 ans. Ici, en vue des chiffres qui ont paru lors du week-end dédié au Sidaction, Daniel Jean a accepté de répondre aux questions concernant sa maladie.

Alors, tout d’abord, une petite présentation ?

Je m’appelle Daniel, j’ai 47 ans. Je travaille dans la restauration depuis une vingtaine d’années. Je suis sur Avignon depuis plus de 30 ans.

L’interview porte sur les chiffres du SIDA qui sont tombés le week-end dernier, et surtout sur celui qui vise directement les étudiants. En effet, 1 étudiant sur trois ne se protège pas durant l’acte.
D’autres chiffres dans la communauté gay, dont vous faites parti, montrent que le nombre atteint du virus a augmenté.
Je vous interroge aujourd’hui, car vous m’avez précisé que vous étiez séropositif depuis 8 ans. Est-ce bien cela ?

 Cela fait même un peu plus, car je l’ai appris en novembre 2004.

Donc cette année, cela fera 10 ans que vous êtes au courant de votre séropositivité ?

 Oui.

 Comment avez-vous appris la nouvelle ? Et où ?

 J’ai toujours fait l’amour sans capote. De tout temps, je ne l’ai jamais utilisée, si mon partenaire n’en avait pas, je ne m’en souciais pas. Je n’avais jamais de capote sur moi non plus. Je faisais souvent des tests deux, trois fois par an. Et un jour, mon médecin me demande de revenir faire un test. A ce moment là, je comprends qu’il y a un truc qui ne va pas. Je me dis, j’arrête, je mets des capotes. Je pensais l’avoir. Finalement, mon analyse s’avère négative, alors dans toutes les relations que j’ai pu avoir suite à cela, j’ai mis un préservatif.

Mais, une fois, je suis allé à Doubaï pour retrouver un ami avec qui je couchais régulièrement.  Un jour, je rencontre un pakistanais américain qui me plaît tout de suite. Lors du rapport sexuel, on met la capote et je fais attention. Mais mon ami, à la fin de l’acte vient me voir et m’explique que le pakistanais a enlevé la capote au moment de la pénétration.


Quand je suis revenu à Avignon, je suis allé faire un test au laboratoire, et le médecin m’a appelé : « l’analyse n’a pas marché, on aimerait que vous reveniez faire des analyses ». C’est idiot, on sait à ce moment là qu’il y a un problème. Je me suis dit : cette fois-ci, c’est la bonne, tu l’as. Je refais quand même le deuxième test, qu’ils ne m’envoient même pas. Quand ils me l’ont annoncés, je n’ai pas eu la force de jouer la surprise. Tout mon corps le savait déjà, alors au moment de l’annonce, ça m’a chamboulé pendant 10 minutes, j’étais sonné. Je me suis dit que j’allais peut-être avoir une vie moins longue.

Je suis arrivé chez moi, j’ai téléphoné à mon amant pour lui annoncer la nouvelle, afin qu’il aille faire des tests lui aussi, on s’est énervé parce qu’il ne comprenait pas. J’étais aussi en colère contre moi. Les résultats se sont avérés négatifs, heureusement pour lui, mais on a eu très peur.

Toute façon, il fallait que ça m’arrive. J’ai joué avec le feu en couchant sans capote, et je me suis brûlé. Je ne peux pas dire, pourquoi moi ?

 Le médecin vous l’annonce et vous-êtes sonné pendant 10 minutes, mais quand est-il de votre réaction avant l’annonce, lorsque vous devinez que vous êtes séropositif ?

 J’étais dans ma chambre et j’ai pleuré. Je me suis dit que j’avais fait le con. Je savais que ça se soignait mais que c’est un virus et un traitement qui tuent. Tu souffres du traitement parce qu’il est lourd. Ton corps vieillit plus vite, et meurt plus rapidement.

Qui était ou est au courant pour votre séropositivité ?

 Pendant 10 ans, je n’ai mis au courant que mon amant et mon patron. Ma famille n’est toujours pas au courant, personne n’est au courant.

Pourquoi ?

 Je n’ai pas envie d’inquiéter ma mère. Elle m’avait annoncée, après être allée chez une voyante, que je serais le premier de ses fils à mourir. Depuis, elle a toujours eu peur pour moi et me demande en permanence d’aller faire des analyses. Et puis, la famille, c’est la famille. C’était les derniers à apprendre que j’étais gay. Pour moi, mes amis doivent le savoir mais cela m’importe peu de mettre au courant ma famille. Elle représente plus un acquis que quelque chose à entretenir. Les relations sont différentes. Au début, je m’inquiétais plus de savoir comment mes amis allaient apprendre la nouvelle.

Est-ce vous pourriez détailler le traitement que vous prenez ? Les effets ?

 J’ai connu trois médicaments. J’ai appris pour le VIH il y a dix ans, mais cela ne fait que six ans que je prends un traitement parce qu’il fallait d’abord que je guérisse mon Hépatite C.

Un cachet vaut 26 euros à lui tout seul et c’est pratiquement 900 euros la boîte, heureusement tout est remboursé. J’en prends un par jour, et généralement le soir car les effets sont très puissants. Je suis dans la restauration, je reste éveillé assez tard, alors quand j’ai voulu prendre le médicament avant d’aller au travail, j’ai eu l’impression d’être complètement ivre et défoncé. Comme si j’avais fumé et bu avant de venir, je devais me tenir aux murs pour ne pas tomber. J’avais la tête qui tournait, c’était impressionnant. Maintenant, je le supporte bien.

Les plus grosses contraintes de votre traitement ?

Tout ce qui est drogues dures et l’alcool, ne pas prendre les cachets lorsque l’on boit. Mais, c’est surtout prendre un cachet par jour. Je l’oublie de temps en temps. Et puis, ils sont gros, des fois je n’ai pas envie d’en avaler un et n’ai pas envie de subir le lourd effet du cachet. J’ai vu un reportage sur Arte où un médecin se bat depuis des années contre ça. Le cachet peut être pris 3 à 4 fois par semaine, ça fait les mêmes effets, parfois meilleurs.

 Est-ce que cela a affecté vos relations sociales ?

 Personne n’est au courant et c’est pour ça. Je pense que cela peut largement nuire à mes relations sexuelles mais aussi amicales. Je répète, il n’y a que mon plus vieil amant qui est au courant, et là rien n’a changé. Mais j’estime qu’il a besoin de moi, donc ce n’est pas pareil, ce n’est pas un ami.

Qu’est ce qui est le plus dur lorsque l’on vît avec le sida ?

 Mis à part le côté que le traitement est lourd, je pense que le corps endure et subit véritablement, il morfle en quelque sorte. Je me dis qu’un traitement comme le mien, on doit compter quelques années en moins dans la vie. Après, je ne sais pas, je commence à avoir des problèmes de vieux. Tout vient plus vite, le traitement accélère les choses.

Il y a aussi le côté affectif. Avant, je n’avais pas envie de me mettre avec quelqu’un mais j’y réfléchissais, aujourd’hui j’ai encore moins envie, ou alors, il faudrait que je tombe sur quelqu’un de séropositif.

Vous êtes déjà tombé amoureux ?

 Il y a un an, au mois de mars, j’ai voulu mourir. C’était dû à la relation avec un homme, dont je suis tombé amoureux, qui n’a pas fonctionné. Tout est remonté à la surface et surtout ma maladie. Comme si je venais d’apprendre la nouvelle. J’en suis venu à croire qu’il me rejetait à cause du fait que j’étais atteint du sida. Je pensais pouvoir compter sur lui et je ne sais pas … A priori, non. Nos relations se sont dégradées après cela et j’espère pour lui que ce n’est pas par rapport à ça. Le 14 mars 2013, je lui ai annoncé que j’étais malade et le 07 mais 2013 il a décidé de ne plus me voir. Mais j’espère du fond du cœur que ce n’est pas à cause de ça. Je me suis pris un double revers, j’avais de l’amour pour lui.

La communauté gay est le milieu où il y a le plus de risque. Cette année, en France, il y a eu une augmentation de 10% chez les homosexuels. Une étude prouve qu’en vue des progrès de la médecine à fournir un traitement convenable pour survivre, il y a une sorte de banalisation de la maladie. Comme vous le prouvez, on peut vivre 10 ans avec le sida.

Que pensez vous de ces chiffres et de cette banalisation qui s’opère ?

 Je pense que ces chiffres sont un peu faussés puisqu’il y a beaucoup de déclarés positifs qui sont immigrés sud-africains. En France, quelqu’un qui n’a aucune ressource et qui est malade, est pris en charge. Il ne faut donc pas oublier que cela aussi compte énormément. Je me rappel, quand je lisais têtu, que l’on pouvait diviser le chiffre par deux. Au moins 50% des personnes qui viennent sont malades depuis longtemps.

Pour en revenir à la banalisation, je pense en effet qu’elle existe. Je dirais même que la banalisation est plus présente chez les hétérosexuels que chez les gays. Dans les bars ou boîtes gays il y a des messages de prévention ainsi que des capotes absolument partout, ce qui n’existe pas ou très peu dans les milieux hétérosexuels. 

Il y a aussi le côté sexe. Je pense que les jeunes de maintenant voient une banalisation dans le sexe. C’est du n’importe quoi. Si aujourd’hui on n’est pas bisexuel, on est presque hors-norme. Après, moi j’aime ça, mais je pense que c’est à cela qu’on doit prêter attention, la banalisation vient de là.

Un conseil à donner aux étudiants ?

 Le conseil serait d’avoir toujours une capote avec soi, et de s’en servir surtout.

Ce qui pourrait combattre la banalisation de la maladie ?

 Une hécatombe de morts en Europe. Les gens réagiraient tous ensemble à partir de là parce que, malheureusement, c’est souvent le seul truc qui marche.

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Le cynisme à l’honneur de l’élection québécoise

Première vraie belle journée douce depuis 5 ou 6 mois en ce pays du frette, de la guedille et des oreilles de cris trempés dans le sirop d’érable… comme le printemps, l’élection, c’est  pour beaucoup l’illusion du changement et de la renaissance. Le résultat est pourtant prévisible, l’hiver va continuer 4 autres années, mais on essaie de se convaincre du contraire. Le candidat pour lequel j’ai fait du bénévolat durant la campagne discourait sur l’enthousiasme que les gens de son comté avaient pour la politique.

-          Contrairement à ce que les médias veulent nous montrer, les gens que je rencontre en faisant du porte-à-porte sont très réceptifs à ce qu’on dit – Clément Laberge, candidat péquiste défait dans Jean Talon.

J’avais fait des milliers d’appels pour lui, je n’allais tout de même pas le contredire devant tout le monde. Je lui aurais dit :

-          De tout temps, nos élites ont été achetées, on s’est tellement fait manipuler, on s’est tellement fait fourrer ! (entuber) Et toujours pour des intérêts étrangers ! sans qu’on puisse dire un mot sur les grandes orientations du Québec ( exemple : le rapatriement de la constitution en 1982 analysé par des historiens comme un coup d’État, accord du lac Meech et de Charlottetown ! et j’en passe). Le statu quo est tellement tenace que je serais inquiet à votre place d’apercevoir le monde faire encore confiance à ce système.

Le pire c’est que je le croyais quand il disait ça. La ville de Québec – où je vis présentement –, mais aussi l’Amérique au grand complet n’a quasiment jamais vu de vraies remises en question du pouvoir. La contre-culture fait souvent parti du pouvoir. Alors, les gens croient au pouvoir, parce qu’il ne s’imagine pas autre chose. L’Amérique, c’est le royaume de l’individu. Malgré tout, un village gaulois résistait à cet envahisseur par une forme de besoin de s’émanciper collectivement qui a culminé par la volonté de rendre indépendant le Québec.

La joute politique expliquée.

Au Québec, il n’y a qu’un tour aux élections. Dans ce système, l’électeur vote pour un député qui, lui, représente un parti. Le parti qui fait élire le plus grand nombre de députés prend le pouvoir. De sorte que même si un parti reçoit 36 % du suffrage, il peut prendre le pouvoir grâce au nombre de candidats qu’il a fait élire.

Parmi la myriade de partis au Québec, (du Bloc Pot au parti nul) seuls 5 partis présentaient assez de candidats pour prendre le pouvoir. La Coalition Avenir Québec (CAQ) le Parti libéral du Québec (PLQ) Parti Québécois (PQ) Québec solidaire (QS) et Option nationale (ON). Selon la logique bipartiste du Québec et du système qui régit les élections, trois partis pouvaient jouer un rôle significatif. La (CAQ), le PLQ et le PQ. La particularité du Québec, c’est que la dichotomie gauche droite n’est pas clairement déterminée. Par exemple : le Parti québécois s’est toujours excusé d’avoir en son sein quelques membres un peu trop portés sur le capitalisme et ce qui l’accompagne. Il n’en demeure pas moins essentiellement un parti qui prône l’indépendance du Québec. L’indépendance du Québec ne peut se faire sans l’accord d’une majorité. Pour cette raison, le PQ tente toujours de ratisser large, autant à gauche qu’à droite. Ce qui ne contente pas tout le monde. De là vient l’idée de Québec Solidaire, trouvant le PQ pas assez de gauche, et d’Option National, qui trouvait le PQ pas assez indépendantiste. Un adage dit qu’à trop chasser de lièvre à la fois, on les perd tous. Cet adage s’appliquerait très bien au PQ.

Le PLQ, dirigé par Philipe Couillard était autrefois un parti considéré comme progressiste, de gauche. Du moins, il a déjà  lorgné la gauche en prônant par exemple la gratuité des études supérieures. René Lévesque, le plus grand premier ministre de tous les temps selon une majorité de Québécois, y avait débuté sa carrière de politicien. Avant de lui claquer la porte pour fonder le Parti Québécois (PQ). À partir de là, le Parti libéral du Québec (PLQ) est devenu surtout un parti fédéraliste avec pour principal objectif de s’opposer à l’indépendance du Québec.

La Coalition Avenir Québec (CAQ) dirigée par François Legault est le parti qui veut briser cet affrontement fédéraliste/indépendantiste pour le ramener en un débat gauche/droite. Ça politique économique est plutôt dans la lignée des traditionnelles politiques conservatrices du Québec.

Vous savez maintenant tout ce qu’y a à savoir pour comprendre la campagne. Sauf peut-être la politique fédéral Canadienne. S’abstenant de tous commentaires, je les imagine d’ailleurs très bien, les politiciens fédéraux, s’installer avec leur pop-corn, comme devant un film, et se marrer devant l’absurdité du spectacle qu’ont offert les politiciens Québécois durant cette campagne. En résumé, la campagne en a été une de qui salirait l’autre le plus. Accusation de paradis fiscal sur un, accusation de financement illégal sur l’autre, on a même eu droit à une théorie du complot de la part d’un chroniqueur pourtant supposément respectable, jamais rien de totalement fondé. Ça volait bas. Tout aussi bas dans les médias d’opinions. Et personne n’est arrivé à s’élever au-dessus de la mêlée. Les Québécois gardent un malin plaisir à se soupçonner entre eux, au lieu de s’unir contre celui qui les manipule.

La campagne électorale : la naissance d’une super-star politique tombée dans la potion magique à sa naissance

Tous les chroniqueurs s’entendent sur une chose : un événement a tout changé  la campagne électorale. La mise en candidature péquiste du magna de la presse Québécoise Pierre Karl Péladeau(on pourrait l’appeler médiatix). Son poing levé accompagné de sa déclaration : «  Je veux faire du Québec un pays » a, contre toute attente, instantanément, fait chuter le Parti québécois dans les sondages. Pendant que sa déclaration faisait mal au parti, Péladeau, lui, restait au sommet des sondages de popularité qui n’ont aucune incidence sur le vote. Le PQ a tenté de rattraper le coup en effaçant l’indépendance de son discours, mais le mal était fait. Les accusations fusèrent de partout, allant jusqu’à le soupçonner de transformer cette élection en élection référendaire sur l’indépendance nationale… Allez comprendre ce qu’un référendum a d’épeurant… chaque peuple à sa phobie qui le caractérise j’imagine… Mais quoi qu'il en soit, les sondages ont indiqué au PQ une pente insurmontable, par la suite.

 Pour ce qui est de Pierre-Karl Péladeau (médiatix), certaines mauvaises langues l’ont d’abord comparé à Berlusconi. Il ne se présentait pourtant que comme un simple député, non comme le chef du parti ; et l’éthique discutable de ses médias n’étaient que le reflet de l’éthique des adversaires médiatiques. Bref, s’il avait été un Berlusconi dans l’âme, il se serait présenté comme premier ministre du Canada. Là où le vrai pouvoir se situe. Il n’aurait pas intégré un parti de résistant à ce pouvoir… Bref, les aléas d’un village gaulois qui se méfie de sa vedette locale.

Par la suite, Pierre Karl Péladeau (médiatix) a été irréprochable. Il a suivi les ordres de la chef, madame Pauline Marois. Il a quitté toutes ses fonctions au sein des différents conseils d’administration de ces médias. Et les chroniqueurs de ses propres médias ne l’ont pas épargnée.  Aussi bizarre que ça puisse paraître, ceux-ci ont, dans une large majorité, pris position pour la CAQ.  J’ai personnellement assisté à des événements du PQ. Péladeau en était la vedette, supplantant sa chef, la première ministre Pauline Marois. Et je peux vous jurer que rien n’était planifié. Péladeau est réellement très populaire. Bien plus populaire parmi le peuple que parmi l’élite. Pour ce qui en était de madame Marois, première femme à avoir été première ministre du Québec et qui, rappelons-le, a été, en 2012, l’objet d’un attentat lors de la soirée qui allait la couronnée, elle a été égale à elle-même. Elle  a toujours eu un peu de difficulté à soulever les passions, mais comme toujours a été très constante. Rien n’est encore décidé, mais une passation de pouvoir au sein du parti québécois vers Pierre-Karl Péladeau est à prévoir. Le dépouillage des votes allait suivre.

Le résultat.

C’est l’histoire qui se répète depuis la conquête par les Anglais. Victoire du statu quo, je veux dire du parti libéral et de son chef, Philippe Couillard. Une dégelée même, dirait-on au Québec. Ou plutôt une victoire écrasante. Un gouvernement nettement majoritaire. Ce qui signifie que les pleins pouvoirs de la province lui ont été conférés pour 4 ans.  Le parti québécois sera l’opposition officielle (opposition fantoche dans ce système). Ainsi, Pauline Marois, dit la dame de Béton, a démissionné et mis fin à une longue carrière de 33 ans de politique active. On ne peut qu’être admiratif devant pareil dévouement. Que dire de plus ? Le parti libéral c’est la continuité du parti de Jean Charest. Que dire de plus ? Un autre printemps érable ?  Et puis, avec la commission d’enquête qui se déroule présentement, ce serait pas surprenant que les nouveaux élus libéraux (champions incontestés de la corruption) se fassent mettre les menottes aux poignets durant leur mandat. Pendant que les dirigeants canadiens, eux, sont bien pires, mais, eux, n’ont pas de problème avec la justice… Le popcorn devait avoir bon goût.

Constat encore plus difficile à avaler : l’indépendance du Québec, la libération d’un peuple, devient un poids pour les partis qui s’en font les défenseurs…

Le petit village gaulois de l’Amérique s’annexe tranquillement pas vite à l’Empire romain. L’élection du centurion Couillard n’est que l’arbre qui cache la forêt enneigée de cet hiver qui n’a pas fini de finir. Et 4 ans de libéraux, c’est frette en cris !

 

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Avignon refletAvignon reflet

 

Ce premier tour des municipales montre que le vote sanction existe bel et bien. En effet, dimanche dernier les français sont tous d’accord pour dire que le PS en prend pour son grade par le dépassement global de l’UMP de 10% (la droite a recueilli 46,54% des suffrages exprimés tandis que la gauche 37,74%) et prend une claque par la montée en puissance du FN, 4,65% à l’échelle nationale. Même à Paris, c’est Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP, arrive en tête, avec un point et demi d’avance, au premier tour. Mais pour Anne Hidalgo, rien est joué,  « tout reste à reconstruire » et appelle à la mobilisation avant le second tour.

 

Perpignan, Béziers, Avignon, Forbach et Hénin-Beaumont sont désormais des « villes surprises ». Là où on ne l’attendait pas,  le FN passe l’échauffement haut la main en réalisant deux énormes scores dans les villes du nord où le candidat est élu au premier tour. Steeve Briois, candidat FN, avec 50,26% des voies emporte la mairie d’Hénin-Beaumont et détrône le maire sortant. A Forbach, Florian Phillippot passe en tête avec 35,75% des suffrages. Une effrayante nouvelle pour ces deux villes qui deviennent les cobayes de ce parti et payent le prix d’une grande abstention qui avoisine les 30%.

 

En clair, ces deux villes ne sont pas de très grosses surprises, la moitié des journalistes avaient rappelé maintes et maintes fois, à travers divers sondages, que cela pourrait arriver. En revanche, le sud de la France eut la digne réaction de Charlie découvrant le ticket d’or, sauf que ce n’était pas le billet gagnant.

Avignon n’a jamais eu autant la côte. Cette ville culturelle que l’on ne cite pas énormément dans les médias nationaux en fait maintenant la une. Celle-ci que l’on pensait passer à gauche prend un virage extrême au lendemain de ces municipales. Et ce n’est pas de très bonne publicité.

 

La colère du peuple. On justifie ces résultats par l’inaction de l’Etat, l’inaction du président et de son gouvernement. A l’annonce de ceux-ci, les chamailleries se déclenchent sur tous les plateaux télévisés où la droite se félicite d’avoir eu raison et où la gauche accuse la droite de l’héritage laissé. Les radios s’enflamment et la presse prépare dés lors l’article du lundi matin. On avait attendu cela toute la semaine. Et quelle déception.

 

Déception, le mot est fort mais n’est pas mal employé. D’autres cas dans ces municipales doivent nous faire hurler. Exemples tout simple : réélection de Jean-François Copé à Meaux avec 64,30% des suffrages malgré toutes les affaires qui l’ont bafoué (Bygmalion notamment) et qui devrait le traîner en justice durant ces prochains mois. Dans la même catégorie, Patrick Balkany a lui aussi été réélu dans la ville de Levallois-Perret. Avec 51,56%, les affaires pour blanchiment de fraude fiscale et détournement de fonds publics passent complètement inaperçues. Enfin, Jean-Pierre Bechter arrive en tête, lui, avec juste une casserole d’achat de voix. L’enfumage, les casseroles, le beurre et la crémière, on comprend maintenant pourquoi la cuisine française est aussi réputée…

 

En bref, la gauche locale est à l’image de son gouvernement. Les enjeux locaux, comme se l’étaient fixés les français, n’ont pas existés lors de ce premier tour.  Jean-Claude Gaudin le prouve en arrivant en tête à Marseille avec 38% des voix, le FN juste derrière, part pour un 4ème mandat malgré son âge très avancé (74 ans) et les nombreux déplacements de l’Elysée pour soutenir leur candidat. “Ce (dimanche) soir à Marseille, au-delà des apparences des chiffres, rien n’est joué, a déclaré Patrick Mennucci, le candidat PS. Le changement auquel aspirent les Marseillais ne peut pas passer par le FN, ni par l’immobilisme de la municipalité sortante.” (Source MetroNews http://www.metronews.fr/municipales-2014/resultats-1er-tour-des-municipales-a-marseille-jean-claude-gaudin-devance-largement-patrick-mennucci-ps-et-stephane-ravier-fn/mncw!3ntPf0OJKnNeM/).

 

 

Le taux d’abstention et le choix extrême des votants démontrent un fort désir de punition, et peut aller encore plus loin si le chef de l’Etat reste inactif. Car malgré les protestations de Marine Le Pen, le vote FN reste une preuve de mécontentement et aujourd’hui il est grand. Alors, à moins que cela ne soit déjà trop tard, un nombre d’efforts incommensurables restent à faire. 

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Quand la droite part en poussière

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 Nicolas Sarkozy espérait un retour en politique depuis son échec aux élections présidentielles, attendant d’être accueilli comme celui qui nous débarrasserait de la gauche et sauverait la France. Par petites bribes, sous-entendus et apparitions, il appâtait ses électeurs doucement mais surement. N’en fut-il pas surpris de devoir passer par la case « justice » avant celle de la « gloire ». Et pour cause, c’est un de ses plus proches conseillers qui lui transmet l’invitation.

Quel scandale… Une étrange impression d’être dans une série policière, qui d’ailleurs serait une des meilleures cela va sans dire, se glisse dans toutes les têtes. Une exclusivité française servie sur un plateau.

 Patrick Buisson, ancien conseiller et proche ami de l’ex-président de la république, aurait enregistré à son insu Nicolas Sarkozy. Des enregistrements sur dictaphone découverts cette semaine et diffusés le 07 mars par Le Monde et le site Atlantico, pris lors de conférences professionnelles et privées mais aussi lors de discussions personnelles avec les membres de l’Elysée. Même Carla Bruni Sarkozy a eu droit à sa cassette !

Le couple décide de porter plainte contre cet homme, maintenant indigne de confiance. La droite, elle, se dit révoltée parce qu’elle apprend, et espère que la justice fera son devoir en condamnant ces actions.

 Lors du deuxième épisode, Nicolas Sarkozy est directement mis en cause. C’est une première pour les français. En effet, on apprend que l’ancien président, en plus d’avoir été enregistré par P. Buisson, a été mis sur écoute par certains magistrats de la Cour de cassation. Ils le soupçonnaient de trafic d’influence avec l’un d’entre eux, Gilbert Azibert, qui s’occupait de l’affaire Bettencourt. Une surprise lorsqu’ils apprennent que, par le biais de son avocat, N. Sarkozy aurait promis une sinécure à Monaco à ce magistrat en échange d’information sur l’avancée du procès.

 Ici, la crédibilité, la fiabilité et l’honnêteté de ces hommes hauts placés en prennent un sacré coup. Il voulait la popularité et il l’a eu pour un prix fort, qui pour les mois à venir ne va cesser d’augmenter. Une augmentation qui pourrait lui faire battre le record d’impopularité du pays, en souhaitant que l’actuel président n’en soit pas trop jaloux.

 La droite est dans une mauvaise passe. Après l’affaire Bettencourt, Karachi, Copé-Fillon, Copé et maintenant Buisson, la droite ramasse à la petite cuillère tout ce qu’elle avait essayé de construire et commence chuter lentement. Elle se divise et perd l’équilibre deux semaines avant les municipales, ce qui profite aux autres partis.

Enfin, la justice elle-même doit rendre des comptes. Mettre une personne sur écoute est une chose mais divulguer le secret professionnel en est une autre et c’est en cela qu’elle doit des explications. Les droits des magistrats ainsi que leur intégrité a été bouleversée par ces révélations.

 Le troisième épisode de cette nouvelle télé-réalité sortira dans la semaine avec, en privilège, une réponse de la Cour de cassation sur ces affaires, ou plutôt cette pile de dossier sensibles. Quel sera son verdict ?

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La montée et la chute des First Ladies françaisesLa montée et la chute des First Ladies françaises

Le 09 janvier 2014, l’année commençait mal pour les journalistes qui endossèrent le rôle de paparazzis. Cette date là signa aussi l’arrêt de mort, déjà pourtant bien avancé, de François Hollande, le président de France. Ce qu’il avait réussi à préserver tout au long de ces deux dernières années allait être exposé à travers le monde entier.

 Sebastien Valiela, l’inspecteur Gadget des temps modernes, qui avait décidé de suivre discrètement François Hollande lors d’une balade à scooter, tombe nez à nez avec un énorme scoop. Celui-ci est alors directement transmis à Laurence Pieau, la rédactrice en chef de Closer, qui assaisonnera et pimentera, en tant que bon journaliste, ce nouveau scandale médiatique.

 Le lendemain, tout le monde s’affole, c’est la révélation du jour. Entre ceux qui y croient ou n’y croient pas et ceux qui veulent plus de détails ou qui s’en foutent, cette histoire ne cesse de tournoyer. Cette mini-tempête ne résiste pas aux portes de l’Elysée, y entre avec perte et fracas, bousculant alors tous les députés et ministres qui se trouvent sur son chemin. Elle y fera une petite visite gratuite et y laissera quelques traces avant d’arriver aux oreilles de Valérie Trierweiler, alors première dame de France. La nouvelle lui fit l’effet d’une chute d’un gratte-ciel ce qui l’obligea à prendre quelques jours de convalescence.

 Le premier fautif dans l’histoire fut, bien entendu, le principal coupable de l’histoire : le président de la République. Les féministes, et les proches de Valérie s’indignent, le surnomment le « goujat » ou « l’homme sans cœur ». La triste et froide déclaration sur leur séparation, dont François Hollande nous a fait l’honneur, n’y arrange rien.

 Cette mascarade obtient deux réponses. Tout d’abord, et généralement en provenance du Parti Socialiste ainsi que des amis de la première dame, les messages de soutien.  "Mon affection est indéfectible pour Valérie Trierweiler. Rien n'effacera la 1ère dame investie avec passion dans bien des causes humanitaires." dit le conseiller régional apparenté PS, Jean-Luc Roméro (source le Journal Du Dimanche http://www.lejdd.fr/Politique/Hollande-Trierweiler-une-separation-commentee-650109). Puis viennent les messages vicieusement et explicitement politiques, sauvés par le ton ironique permettant d’éviter l’insulte. « Au moins Hollande est capable de prendre une décision dans sa vie privée. S'il pouvait en faire de même pour sa politique, ce serait bien… » ironise l'ancien ministre UMP, Thierry Mariani (source europe1 http://lelab.europe1.fr/t/separation-de-francois-hollande-et-valerie-trierweiler-et-les-premiers-trolls-sont-12848).

 Bref, une fois toute cette euphorie dépassée, il n’y a qu’un seul autre coupable. Pas besoin de ressortir ce bon et vieux jeu « Cluedo » pour deviner qui est le causeur de trouble, il suffit juste de se poser la bonne question. Faites comme Alain Barluet, le correspondant Défense au journal Le Figaro, qui était le premier à mettre les pieds dans le plat. « Valérie Trierweiler est-elle toujours la première dame de France ? » Si les journalistes estimaient que les français avaient besoin d’une réponse, les français, eux, n’en avaient cure. Et pour cela, les journalistes ont été critiqués.

 La condamnation commença avec des questions sur l’étymologie du journaliste, et surtout jusqu’où le journaliste pouvait aller. Sébastien Valiela était-il autorisé à suivre impunément le président ? Les débats s’érigèrent dans une toute nouvelle direction et on accusa Closer de violer la définition d’un vrai journaliste. En effet, un journaliste ne joue pas au paparazzi, il ne s’intéresse pas à ces questions là, ou alors le cache à la page 20.

Bruno Le Roux, invité de France Info : « C’est une affaire totalement privée, la politique ne se fait pas dans la presse poubelle. [...] Je ne vois pas en quoi je devrais commenter une affaire totalement privée. Une affaire pour laquelle le président a raison de dire qu’il donnera des suites », a-t-il déclaré, avant de conclure : « Ca ne m’a pas étonné que ce soit dans ce genre de presse que paraisse ce reportage. » Et Frédéric Cuvillier, ministre des Transports, a tranché sur RTL : « Je ne suis pas sûr qu’il s’agisse d’une forme de journalisme ... » (source Les Echos http://www.lesechos.fr/economie-politique/politique/actu/0203235069418-une-de-closer-les-critiques-s-abattent-sur-le-magazine-people-642092.php).

 De même, les politiques critiquaient, à travers Closer, les autres médias, se prétendant « sérieux », qui avaient participés à la diffusion de cette histoire inintéressante, pour certains en première page. Cela poussa les interrogations  sur ce métier, sur les portées qu’il pouvait avoir et l’influence qu’il exerçait. A soif de sondage, celui que les accusés craignaient tomba. 68% des français ne font pas confiance aux journalistes. D’une manière plus extrémiste, ce pourcentage se représenta lors de la manifestation « jour de colère », du dimanche 02 février, où des slogans racistes, antisémites et haineux des journalistes tombèrent. « Journalistes collabos, journalistes collabos ! », malheureusement tombèrent aussi des coups contre les cameramen de Canal plus.

 Aujourd’hui, alors que presque tout vas de travers, politique, corruption, crise économique, les journalistes exercent une certaine pression sur nos dirigeants. Heureusement, le métier du journaliste et « l’acharnement » de ceux-ci restent les mêmes lorsque la société est en chute libre. En revanche, les réponses de nos élus, elles, s’en trouvent bouleversées.

 

Réunion publique à Levallois-Perret (28 mars 2012)Réunion publique à Levallois-Perret (28 mars 2012)

Hier : "Je garde la caméra". Patrick Balkany était très colère dimanche 26 janvier, à la permanence de Levallois-Perret où était venu filmer une caméra de BFMTV. A l'évocation des ennuis judiciaires qui poursuivent le couple, le sang de l'actuel maire de Levallois-Perret n'a fait qu'un tour. Le ton monte et Patrick Balkany confisque la caméra de nos reporters, l'emporte dans une réserve de sa permanence et cherche à retirer la bande, tandis qu'Isabelle sa femme tente de l'en dissuader. (source BFMTV http://www.bfmtv.com/video/bfmtv/politique/a-levallois-balkany-senerve-confisque-camera-bfmtv-04-02-174614/).

 En réaction à cette violence gratuite, le journaliste Guy Birenbaum ne peut s’empêcher de faire un bashing résumant quelques fondements des accusations portées sur les journalistes. « Quelle honte ! Quel scandale ! Quelle image déplorable ! […] Qu'un homme politique de la hauteur de vue de monsieur Balkany soit ainsi contraint de se défaire - et seul qui plus est ! - d'un journaliste envahissant, qui n'a aucun respect pour l'ensemble de son œuvre, est inadmissible. Même pas un garde du corps pour faire le boulot ; la politique ce n'est vraiment plus comme avant... Je comprends parfaitement qu'ensuite monsieur Balkany ait tenté de faire disparaître de la caméra le film accablant qu'elle contenait. Il s'agissait évidemment de sa part d'un geste désintéressé de grande charité pour le journaliste […] » (source Huffington Post http://www.huffingtonpost.fr/2013/08/21/guy-birenbaum-bashe_n_4721210.html)

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