Musique

            Il est 20h30 quand je passe le seuil de l'Ajmi. Plus tôt dans la soirée j'appréhendais l'idée d'aller écouter du Jazz moderne improvisé. Les rares enregistrements de Raoul Bjorkenheim trouvés  sur le net avaient un arrière-goût des programmes nocturnes d'Arte. Seuls des standards de Miles Davis m'avaient vraiment caressé l'oreille. Il faut dire que je ne suis pas un très grand amateur de Jazz.  À l'entrée, l’accueil était très agréable, une attention toute particulière était accordée aux auditeurs. Dans la salle, un petit air du sunset sunside et des autres clubs parisiens. Peut-être était-ce dû à la lumière tamisée, ou bien les piliers et les rideaux de velours rouge donnant un relief particulier à la scène.  L'événement rassemblait tous les habitués de l'Ajmi, qui se saluaient à travers la salle, échangeant des regards malicieux qui en disaient long. Cherchant des gens de mon âge, mon regard croisa celui de deux étudiants au lycée Schuman, derrière le poste du régisseur. On m'expliqua plus tard qu'une des volontés de l'Ajmi était de proposer des apprentissages musicaux aux jeunes, en les initiant au jazz, jusqu'à faire des concerts avec les élèves du conservatoire.

                      J'échange quelques mots avec Jean-Paul Ricard, le président et des habitués, un peu dubitatifs quant à ma présence ici. Leur culture musicale est impressionnante, pointue. Ils appartiennent tous à un courant, ont vécu le jazz innovant des années 70, et portent en leur cœur l'improvisation. On me présente Pierre Villeret, directeur de l'institution. Il s'adresse à moi amicalement, me promettant une entrevue à l'entracte. Puis il se dirige sur scène, pour présenter le groupe eCsTaSy, et leur laisser place. Enfin, le moment tant attendu, le quartet entre, confiant, quatre complices prêts à faire découvrir leur univers à l'assistance. Bjorkenheim s'adresse à nous dans un français tonique (il a étudié dans un lycée français), s'adonnant à quelques pointes d'humour.

 

eCsTaSy, un quartet passionné

 

             Un geste au saxe, et c'est parti. Des longues phrases musicales, rapides, passionnées, un rictus dans le visage appréhende les notes que la main va jouer. Avec une précision chirurgicale, les accords s'enchaînent. L'assistance, subjuguée, en oublie d'applaudir la fin du premier solo. Moi qui pensait que le bebop était endiablé! Chaque musicien expose l'étendue de sa maîtrise technique, retenant mon souffle j'en oublie même de respirer. Au deuxième morceau, le saxe de Pauli Lyytinen devient plus suave, plus lyrique. Les influences rock de Raoul Bjorkenheim se font entendre. Le registre change, on passe de l'alto au soprano, le souffle de l'instrument chaud se fait entendre par saccades. Ounaskari, le plus vieux collaborateur de Bjorkenheim, se saisit de balais pour accentuer la nouvelle ambiance.

                       Une des particularités du groupe réside dans le fait qu'il n'y a pas de motif répété. Certains groupes reviennent toujours au même mouvement, après leurs solos respectifs. Ici, et le musicien même me l'expliqua a posteriori, certains morceaux étaient totalement improvisés. Seul The sky is Ruby, titre phare de leur album, est joué de manière vraiment cyclique, et l'arrivée du thème principal surprend à chaque fois, moment de clarté dans des mouvements d'énergie créatrice. Le fait de ne pas trop utiliser les boucles donne un aspect progressif à la musique, constructif. Du genre qui vous met, pour le coup, en extase. Les morceaux où le génie des musiciens transparait le plus est à mon sens celui composé par  Pauli Lyytinen, dont le titre en finnois veut dire «aurore boréale» selon la traduction du guitariste; et celui où Bjorkenheim s'est munit d'un archet pour jouer. Le profil de Pauli laisse entrevoir un brin de folie créatrice, et le leader du groupe s'adonne même à quelques pas de danse en entendant les accords du jeune musicien.

Le groupe eCsTaSyLe groupe eCsTaSy

Raoul Bjorkenheim, plus qu'un musicien

 

                     Enfin, après des applaudissements de rappels enjoués, le groupe salue, et vient discuter avec les amateurs de musique. Tout secoué par ce que je viens d'entendre, je ne réalise pas tout de suite que Charles Gil, auteur du projet franco-finnois ayant permit la venue d'ECsTaSy dans notre ville, me propose un entretient avec le vétéran du Jazz nordique. L'intéressé, un verre de vin à la main, m'adresse une poignée de main sympathique. Amusé par la situation, il évoque tour à tour des artistes phares dans son éducation musicale, Frank Zappa ou encore Charles Mingus. Mais curieusement, ce ne sont pas vraiment les jazzmen qui ont marqué le jeu de cet artiste, qui aborde tour à tour la musique pansori, le rock, et des écoles New-Yorkaise de musique anarchique.

             D'ailleurs, l'anarchie musicale. En venant, je m'imaginais en effet une sorte de cacophonie rythmée. Et si l'on ne peut nier qu'il s'agissait ce soir d'un genre particulier, une harmonie certaine résidait dans le jeu des finlandais. Quand je lui fis part de cette réflexion, le musicien me dit, en des termes que je retranscris du mieux possible: «Il ne faut pas jouer de la musique anarchique pour l'anarchie. Certains groupes disent casser des barrières de genre, et alors? Il faut construire quelque chose derrière, d'intéressant, de travaillé, alors oui l'on peut écouter le rendu». Il arbore un air ironique: «La mélodie est parfois importante, il faut pouvoir transmettre quelque chose au public. Certaines chansons sont agréables à jouer pour un musicien, mais horribles pour les oreilles».

             C'est pour cela qu'il joue des musiques de ce genre dans un studio, entre musiciens, et conserve un autre style pour le live. Un style basé sur l'improvisation, bien sûr, pour ce professeur de la Sibelius Academy en improvisation musicale, c'est une évidence. Un besoin, et la musique classique qu'il affectionne aussi pêche par cela. On a improvisé pendant des millénaires, et la musique formelle telle qu'on la connaît n'est finalement qu'une parenthèse dans l'histoire de la musique. Jouer, doit être à l'origine de la création. Il avoue donc que cette tournée est providentielle, car source d'inspiration. En rentrant, avec le même label qui a donné le jour au premier album, Cuneiform, le quartet produira un deuxième opus.

                       En parlant à Bjorkenheim, on découvre une vraie humilité. Il évoque rapidement ses groupes précédents, comme Scorch Trio, et porte de l'attention à la rencontre humaine et au hasard à l'origine de la formation d'eCsTaSy. Il a joué avec les plus grands et en parle légèrement, plus attaché à des concepts musicaux, à l'échange d'idées.

 

                      L'interview finie, je sors de la salle où ne restent que quelques retardataires et l'équipe de l'Ajmi qui me salue cordialement, m'invitant à revenir. À mon tour de vous inviter à passer une soirée à l'Ajmi, découvrir un monde à part, riche, pourquoi pas pour le deuxième album d'eCsTaSy, c'est tout le mal que l'on peut souhaiter à la structure, aux musiciens, au public, et à Charles Gil.

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Jam session #2Jam session #2

Tu es musicien ? Chanteur ? Amateur ou professionnel ? Ou tout simplement amoureux de musique ? Et si tu as envie de passer un bon moment d'échange musical, ramène ta fraise à l'AJMi, pour une Jam session tout en émotion !

 

Jeudi dernier se déroulait la 2ème Jam session de la saison 2014/2015, organisée par l'AJMi, association pour le jazz et la musique improvisée.

 

Mais qu'est-ce qu'une Jam session me diriez-vous peut-être.

C'est une soirée de musique improvisée ou plus familièrement nous dirions « taper le boeuf ».

 

En effet, la soirée a été ouverte par un boeuf des élèves du Conservatoire à Rayonnement Régional du Grand Avignon, qui est un partenaire culturel de l'AJMi. Ils étaient quatre, un pianiste, un contrebassiste, un batteur et un guitariste. Autant dire que la moyenne d'âge des quatre garçons était de 15 ans... mais WOW c'était magique ! Le talent de ces ados m'a bluffée. Je suis restée bouche bée devant ce spectacle. Les ados, amoureux de jazz et de musique en général, en train de boeuffer d'une façon qui avait l'air tellement naturelle, ils étaient en cohésion musicale totale.

Les quatre élèves du Conservatoire à Rayonnement Régional du Grand AvignonLes quatre élèves du Conservatoire à Rayonnement Régional du Grand Avignon

 

Après 5-6 musiques, l'un d'entre eux appelle ceux qui le veulent à venir jouer, c'est le principe d'une scène ouverte. Et là, choc des générations... mais pas tant que ça finalement !

Les ados jouent avec des hommes d'une quarantaine d'année... Le mélange était excellent, il n'y avait plus d'âge, seulement le partage de l'amour de la musique.

C'est à ce moment-là que l'on se rend compte que la musique est intergénérationnelle, elle fait disparaître toutes frontières.

J'ai pu m'entretenir avec deux des élèves du Conservatoire, Antoine le contrebassiste (15 ans) et Thomas le batteur (16 ans), tous deux passionnés de musique et de jazz depuis leur enfance. Antoine m’a même confié une petite anecdote : lorsqu'il avait 5 ans, grâce à l'AJMi, il est tombé amoureux du jazz et c'est pour cela qu'il a commencé la musique au Conservatoire d'Avignon, quant à Thomas, cela fait 10 ans qu'il y est. Les deux garçons se sont connus il y a 4 ans et ont découvert une complémentarité musicale entre eux : « En un seul regard on se comprend ».

Pour eux la Jam session est un lieu « unique », « convivial », « de rencontre », « de partage », et « d'échange ». L'un d'entre eux m'a même expliqué que « une fois qu'on a passé cette porte, qu'on entend les autres jouer, on ne pense qu'à la musique, tout le reste s'en va, il y a juste la musique qui réunit tout le monde, on va sur scène et on s'éclate ». En parlant de l'improvisation et notamment du fait de taper le boeuf ils m'ont confié que « la musique n'est pas une question d'âge, tout musicien a quelque chose à nous apporter, dans le jazz personne ne joue de la même façon, c'est toujours enrichissant, ce n'est jamais la même expérience selon avec qui on joue, on joue en fonction des autres, on est a l'écoute des autres ».

Alors, les musicos, envie de taper le boeuf vous aussi ?!

 

Jam session à La Manutention, un jeudi par mois.

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A l'AJMI, ce jeudi 30 octobre 2014, se tenait la première édition des Jazz Story ayant pour thématique « le Free Jazz » ou plutôt « les prémices du Free jazz »... Radio campus y était.

 

Free, vous avez dit Free Jazz?

Oui alors il ne faut pas se méprendre. Pas comme tous ceux qui, ayant vu les affiches à Philadelphie en 1960 annonçant : « Ce soir Ornette Coleman en concert Free » sont venues en pensant assister gratuitement à un concert jazz... Manquerait plus qu'on leur offre les petits fours à ceux-là... Le « Free jazz » ce n'est pas cela et ce même si l'AJMI vous fait l'entrée totalement Free. Compris ?

 En effet, les Jazz Story sont des conférences permettant de faire découvrir un mouvement ou un style de jazz par l'écoute de morceaux de musique ou par l'interprétation en directe d'un musicien.

 Abordant des contextes historiques, politiques et artistiques qui ont joués dans le développement de ces mouvements et différents styles, le conférencier donne toutes les clés pour mieux comprendre, intellectualiser et écouter le jazz. Lors de ces Jazz Story l'ambiance est à la convivialité, chacun apportant en début de soirée de quoi faire un apéritif et partager un moment avec les autres visiteurs de ce lieu d'exception. Alors pour tous les curieux, qu'ils soient néophytes ou passionnés de jazz, vous avez frappé à la bonne porte !

Le public est toute ouïeLe public est toute ouïe

Apéro et ambiance tamiséeApéro et ambiance tamisée

M.Jean-Paul Ricard, président et membre fondateur de l'AJMI, s'installe face à l'auditoire alors plongé dans une lumière tamisée propice à l'écoute et à la détente. Face à lui, sur la table typée jardin parisien, une dizaines d'albums sont empilés les uns au dessus des autres... Une dizaines pour nous faire découvrir ce qu'est véritablement le Free Jazz, à savoir un mouvement qui au contraire de ce que l'on pourrait penser, n'est pas né brusquement dans les années 1960 avec le titre « Free Jazz » de M. Ornette Coleman.

 

Il est 20H30, le silence se fait, la conférence commence. La thématique du jour : « Les prémices du Free jazz ».

 

A la découverte des prémices du Free Jazz...

 

Dès les années quarante se développent des tentatives de Free Jazz initié par des musiciens cultivés ayant le sens de la théorie musicale. Désirant jouer différemment, ils aspirent à laisser davantage de place à la liberté et à l'improvisation.

C'est la cas du musicien Lennie Tristano, pionnier du Free Jazz développant des théories musicales en marge du Bebop. (Le style bebop se caractérise par une excellente maîtrise des techniques de l'instrument, une bonne oreille et une connaissance approfondie de l'harmonie. L'improvisation étant la caractéristique principale du style).

Délivrant des enseignements basés sur l'importance de l'écoute des partenaires musiciens dans l'interprétation d'un tout pertinent, Lennie Tristano expérimenta l'improvisation le 16 Mai 1949.

Alors que Lennie et ses musiciens étaient en studio pour enregistrer des morceaux de musique, il demanda à l'ingénieur du son de laisser tourner les bandes. Il proposa alors à ses partenaires de réaliser une libre improvisation sans avoir choisi au préalable une chanson ou un thème, sans repère harmonique ou rythmique. L'objectif : Jouer uniquement pour le plaisir de jouer, créer la musique sur le moment en s'écoutant mutuellement.

 

EXTRAIT : Lennie Tristano Intuition 16 MAI 1949 – Label Capitole:

 

Lennie Tristano - "Intuition" / 16 Mai 1949 by Sebastienh on Mixcloud

 

        Lee Konitz : Saxophone alto

        Billie Bauer : Guitare

        Arnold Fishkin : Contrebasse

        Daisy Best : Batterie

 

Comme Lennie Tristano, c'est par le partage de ce désir de liberté et d'improvisation que le courant va ainsi prendre de l'ampleur et peu à peu se mettre en place

D'autres musiciens participeront à ces recherches expérimentales en trouvant de nouvelles sonorités et formes d'exprimer la musique. C'est le cas des musiciens appartenant au courant West Coast, de la côte Ouest des Etats-unis.

Extrait : Le courant Jazz West Coast – Abstract Number One - 1958

Le courant West Coast - "Abstract Number One" / 1954 by Sebastienh on Mixcloud

 
 

Cet extrait nous montre l'état avancé dans lequel se trouvent être les musiciens : une écoute réciproque et des échanges guidées entre eux permettent ainsi une improvisation totale.

        Shelly Manne : Batteur

        Shorty Rogers : trompettiste

        jimmy Giuffre : clarinettiste et saxophoniste

Le disque des Pingouins. Pochette célèbre qui représente les trois musiciens.Le disque des Pingouins. Pochette célèbre qui représente les trois musiciens.

Le disque des pingouinsLe disque des pingouins

Au sein de courants très différents dont en particulier le Hard Bop et grâce au format des nouveaux vinyles, les musiciens prennent le parti de tenter l'improvisation en augmentant la durée de ces mêmes improvisations (Ce que ne permettait pas le 78 tours des années quarante limité à trois minutes sur une face).

C'est le cas de Coleman Hawkins en 1948 qui, alors en studio d'enregistrement, va vouloir effectuer un solo avec son saxophone. Face au micro, en improvisation totale, il va alors entamer un morceau en hommage à un peintre qu'il apprécie beaucoup : Picasso.

Coleman Hawkins - A Picasso - 1948 by Sebastienh on Mixcloud

 
 
 

Sonny Rollins, autre musicien issu du Hard Bop, va pratiquer l'écoute active de ses contemporains et se remettre en cause de nombreuses fois sur sa musique, sur les possibilités de se perfectionner tout en acquérant une facilité dans l'art d'improviser. C'est en 1958 et 1962 qu'il va sortir des titres à fort succès, récompense de son dur labeur.

Mais le véritable tournant pour les prémisses du Free Jazz s'effectue avec Max Roach. Batteur historique du BeBop. Il va être attentif aux luttes des noirs qui s'intensifient durant les années quarante et va les retranscrire dans ses créations artistiques. Servant ses revendications et celles de la communauté noire, ses morceaux impliqués politiquement et en particulier l'album « We insist, freedom now suite » témoignent de l'engagement de sa musique pour défendre une cause importante.

Extrait : Max Roach – freedom day

 

Max Roach - Freedom Day - 31 août 1960 by Sebastienh on Mixcloud

 

 

 

Pochette de l'album « We insist, freeedom now suite »Pochette de l'album « We insist, freeedom now suite »

        Abbey Lincoln : Chanteuse

        Booker Little : Trompette

        Julian Priester : Trombone

        Walter Benton : Saxophone ténor

        James Chang : Contrebasse

 

Un peu après Max Roach, c'est Charles Mingus qui utilisa sa musique comme support de ses revendications et de la cause des noirs. Il dirigea dans les années cinquante des orchestres nommés « Jazz work shops », sortes d'ateliers d'expérimentations, d'inventions voire de provocations agissant sur les formes du jazz. Pratiquant l'improvisation collective, Charles Mingus autrement surnommé « L'homme en colère du Jazz » donna une réelle importance à ce qu'était le Free Jazz. Ainsi en 1956 il enregistra « Pithecanthropus Erectus » et en 1959 « Fable of Faubus » sur l'album Ah Um. L'anecdote autour de cet album réside dans le fait que Mingus, grâce à ce support, contesta ouvertement le gouverneur de l’Arkansas (qui à cette époque mit en place des lois ségrégationnistes).

A travers des paroles virulentes et empreintes de violences, Charles Mingus ne cacha pas ses opinions politiques, ce qui inquiéta les producteurs du label Colombia qui supprimèrent les paroles du morceau pour ne pas avoir de retours négatifs et controverses. C'est au final en 1960 que Charles Mingus pu ré-engistrer avec les paroles d'origine cette musique.

 

Extrait : 3. Charles Mingus - Original Faubus Fables

 

3. Charles Mingus - "Original Faubus Fables" / 1960 by Sebastienh on Mixcloud 

 

        Dannie Richmond : Batterie

        Eric Dolphy : Saxophone alto

 

Un personnage haut en couleurs, dont on ne connaît ni la date de naissance ni la genèse de son entrée dans la sphère des jazzmans : SunRA. Virevoletant dans un monde original où il se dit immortel, il mit en place des orchestres de dimensions variables en tentant à plusieurs reprises des expérimentations sur des pianos électriques et des orgues électriques.

 

Extrait : Sun Ra - 1956

 

Sun Ra -  1956 by Sebastienh on Mixcloud

 

 

Vient celui a qui on attribut l'acte de naissance du mouvement Free Jazz : Ornette Coleman. Ce premier extrait marque le premier essai de Coleman à 'improvisation enregistrée. Le second extrait intitulé « Free Jazz » est par définition celui à qui l'on attribut la naissance de ce mouvement.

 

Extrait : 5. Ornette Coleman - The blessing – 1958

 

Ornette Coleman - "The blessing" / 1958 by Sebastienh on Mixcloud

 

 

Extrait : 6. Ornette Coleman - Free Jazz - 21 Décembre 1960

 

Ornette Coleman - "Free Jazz" / 21 Décembre 1960 by Sebastienh on Mixcloud

 

 

Photo N°7 : Jean-Paul Ricard durant les Jazz story du 30/10/14 sur le thème : « Les Prémices du Jazz »

INTERVIEW M. Jean-Paul RICARD by Sebastienh on Mixcloud

 

 

Au travers de cette découverte et l'écoute de ces morceaux, M.Jean-Paul Ricard nous a dévoilé l'importance de l'improvisation et son évolution pour les musiciens jazz de 1940 à 1960. Loin de l'idée d'être un mouvement spontané, le Free recèle de découvertes, expérimentations et tentatives de la part de ses musiciens afin d'abolir toutes les contraintes codifiées et préexistantes dans le jazz de l'époque.

Mouvement libertaire profondément marqué par les tourments sociaux et politiques de cette génération, façonné par les tensions liées à la ségrégation, le Free Jazz fut un vecteur artistique important extériorisant une forte revendication de liberté.

De Lennie Tristano à Ornette Coleman en passant par Max Roach, ce mouvement témoigne ainsi d'un besoin de repousser les limites des musiciens et de la maîtrise de l'instrument pour être au plus près de l'expression véritable, celle de la musique improvisée.

Alors que l'assemblée écoute le dernier morceau de musique de cette soirée, je me vois confirmée l'impression que j'eus plus tôt durant la soirée...

Cela commença par une femme et son mari, puis ce fut au tour d'un homme à lunette de s'y mettre. Au cinquième extrait, tous avaient les yeux clos. La musique ne se prêtant pas complètement à la relaxation ou à l'improvisation d'une séance de yoga, pourquoi avaient-ils tous les yeux fermés ?

 

« Le meilleur moyen d'écouter du Jazz c'est d'en voir »... Pas pour le Free Jazz.

 

Alors que j'observai une femme, les yeux clos et tout à fait sereine, j'aperçus le slogan de l'AJMI : « Le meilleur moyen d'écouter du Jazz c'est d'en voir ». Pas pour ces Jazz Story apparemment. Pas pour le Free Jazz. N'est pas musicien qui veut, malgré ce qu'en pense Palo Alto et il semblerait que seule l'écoute attentive et intériorisée puisse nous faire ressentir ce qu'un instant durant, les musiciens ont tenté de vivre au travers de la musique : l'absolue liberté.

« Le meilleur moyen d'écouter du jazz, c'est d'en voir. » Pas pour le Free Jazz.« Le meilleur moyen d'écouter du jazz, c'est d'en voir. » Pas pour le Free Jazz.

Les lumières s'éteignent, les discussions s'estompent peu à peu et la musique bel et bien disparue reste pourtant  présente à l'esprit de tous ceux qui, durant deux heures, ont participés à cette écoute collective. L'occasion pour Radio Campus d'interviewer M. Jean-Paul Ricard et de récolter à la sortie de l'AJMI quelques réactions, à chaud, du public.

 

Interview public N°1 "Free jazz" - AJMI by Sebastienh on Mixcloud

 

Interview public N°2 "Free Jazz" - AJMI by Sebastienh on Mixcloud  

Articles - Musique

Après notre rencontre de Ralph Alessi à la Manutention il y a quelques semaines, aujourd’hui nous avons décidé de rencontrer Emilie, administratrice à l’AJMI. Sébastien, avant la rencontre me rappelait qu’il avait passé une agréable « première fois » lors de la Jazz Story, la veille. En effet, le club est investi à la fois aux contacts d’artistes confirmés mais aussi auprès d’artistes émergents lors de différents temps forts : jams sessions, jazz story, master class, etc.

Lorsque nous rentrons à l’AJMI pour la première fois de la semaine,  nous savons que la personne qui va se prêter à l’exercice du jour est disponible et arborera un agréable sourire. La chargée d’administration et de production de l’association nous reçoit alors au moment où l’on se rappelle que ce club a signé une convention avec l’Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse dans le cadre du « Patch Culture ». Avant l’entretien, Emilie nous donne des éléments incisifs que nous écoutons avec attention.
Nous lui annonçons néanmoins que "pour le portrait de spectateur, nous comptons parler de son implication, ses attentes, ses conseils vis à vis de son rôle ; un rôle de l’ombre au combien essentiel pour huiler les mécaniques d’un club …". Dynamisé par le thé que nous échangeons 5 minutes, nous nous lançons alors dans l’entretien; prêts nous le sommes, elle aussi ; et vous ?

Ø  Comment se déroule la transmission avec Anne Marie, ta prédécesseur ? 

L’AJMI s’est institutionnalisée en 1995, Anne-Marie était à la com’, se fut la première salariée et elle a enchainé tous les métiers (billetterie, actions culturelles, production, comptabilité, administration, etc.). En obtenant le label SMAC, elle a permis à l’AJMI un haut niveau de financement. Moi, je suis arrivée en 2013, au moment où l ‘AJMI avait récupéré son conventionnement jusqu’en 2015, mon challenge est de le poursuivre jusqu’en 2018 (sur la base d’une convention triennale).

Ø  Quel est ton implication, sont tes attentes et tes projets au sein du projet associatif ?

J’ai une fiche de poste à respecter (gestion financière de la structure essentiellement). Mon objectif est la gestion financière du club pour les 3 ans à venir, la production et l’accueil des artistes. Pierre (directeur artistique) coordonne la réflexion du club par rapport à la Manutention, son territoire, à son développement vis à vis des clubs de France, l’ONJ, l’AJC ; un projet européen (programmation, Têtes de Jazz, JazzaHead). Dans ce contexte, l’AJC prend en charge les frais de transport, les frais généraux de tournées. Moi, je m’attache à financièrement développer et structurer ces projets. A défaut d’argent par moment on essaye de trouver des solutions qui passent par des idées via la mutualisation de moyens, par exemple. Les budgets publics étant amoindris, on tente de trouver des solutions, la richesse de cette structure est que tu peux tout tester.

Ø  Quels sont tes expertises et tes conseils vis à vis des étudiants intéressés par le métier ? 

Il est important de se référer aux conventions collectives pour payer tout le monde, et en plus de l’aspect financier, il faut suivre la législation sociale et juridique ; il y a une formation tout au long de la vie. Il y a un historique, un travail reconnu ; on a une liberté incroyable de créer, on se rend compte que l’on peut tout tester. Par exemple, lié à un manque de moyen financier, on propose désormais des « jazz social club » avec des vignerons du Collectif de la Nouvelle Lune. Eux proposent de faire découvrir leurs vins (bio-dynamiques) avec un artiste en concert le lendemain qui propose une playlist qui le caractérise, la première opération a été réussie.   

De plus, je conseille de faire des stages le plus tôt et le plus régulièrement possible : 70 % de l’avenir professionnel passe par le réseau, les relations, les comportements. Tout va plus vite lorsque l’on sait à qui s’adresser. Il faudrait faire des stages partout : de l’administration aux groupes locaux. Le travail vient plus facilement ensuite. Ce réseau sert aussi de conseils. En confrontant ce réseau, tu peux en tirer bénéfice.

Emilie Honnart © Dominique HéraudEmilie Honnart © Dominique Héraud

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C’est annoncé, la programmation du Avignon Blues Festival tend à évoluer vers une offre plus éclectique, plus jeune et diversifiée (cf. Portait de Michel Laporte, par Mathieu). Cette 17e édition illustre ces ambitions, à l’image de cette soirée du 18/10, de ce samedi soir bluesy mais pas que. Lucky Peterson, ce veinard, était précédé des Boston Boys, quatre jeunes américains tout droit sortis de Berklee à Boston, l’école de musique internationalement reconnue, et non Berkeley le campus californien (distinction d’importance). Plus éclectique donc, car bien que leur Irish(y) Pop Folk Gospel soit intensément imprégné des racines blues communes à toutes nos chères musiques actuelles, l’indéniable dimension pop nous permet de saisir les velléités ambivalentes de Michel Laporte (Pdt du Festival). Il s’agit d’actualiser la perception de son fidèle public, mais surtout de le rajeunir. Il nous lance effectivement un appel, à nous la jeunesse avignonnaise – que dis-je, provençale ! – pour prendre part à cette célébration de l’univers Blues dans toute sa diversité. Mathieu et moi n’avons pas hésité !

Un petit focus sur les Boston Boys*

On peut imaginer que la pop puisse rebuter un public blues. Samedi soir, l’audience semble pourtant s’être laissée séduire par les vocalises plurielles et audacieuses de ces quatre garçons, dont les influences ponctuent le concert de jolies surprises. De l’Irlande au Maroc, du Gospel au Punk, de la berceuse à l’épilepsie, on s’y retrouve pourtant assez bien. On se laisse même embarquer plus d’une fois, à les suivre dans leurs chorus aériens et leur sens aigüe de la composition. Plein d’éloges ce live-report, me direz-vous ! … Je le confesse, je n’écouterai pas les Boston Boys tous les jours, un peu trop pop à mon goût, mais la performance est plutôt sympathique, et le pari de Michel Laporte est réussi. Pour finir, les Boston Boys reconnaissent, à demi-mot, faire partie de ce mouvement ‘néo folk’ qui se répand un peu partout ,dont les derniers représentants – et non des moindres – ne sont autres que les Mumfords & Sons. Une nouvelle folk aussi diversifiée que le sont ses proches cousins antifolk, popfolk ou bluesrock. Bref, Boston Boys, c’est à mi-chemin entre les Mumfords et un type tout à fait incongru que je vous conseille fortement : Ben Caplan*. 

Ce bon vieux Lucky*

Mais le héros de la soirée, la tête d’affiche du festival, l’un des plus dignes emblèmes du groove, celui qui perdure et ne meurt jamais, c’est bien ce bon vieux Lucky Peterson. Un bluesman showman trueman des premières heures. Lucky est né dans un club de jazz, qui appartenait à son père, et a grandi sur les genoux de Muddy Waters, auquel il rend d’ailleurs un brillant hommage à chaque fois qu’il le peut. Le guitar hero, organiste de formation (repéré à cinq ans par ses paires), nous a offert un show inédit et improvisé. Arrivé en retard et associé à des musiciens de prestige mais avec lesquels ils n’avaient jamais partagé la scène,  LP a plongé sans hésitation dans son répertoire de prédilection, celui qui met tout le monde d’accord. On regrette toutefois le manque de réactivité (ou de spontanéité ?) du public, bien trop « français » à mon goût sur ce coup-là. Assis, il osait à peine lever les bras ou donner un peu de voix pour rendre à Lucky l’énergie qu’il tentait de partager, en vain pendant les trente premières minutes. Surpris, ce dernier décide de parcourir la salle pour un solo inflammable, il réveille enfin la foule qui finit par se rasseoir dix minutes après… Pour les danseurs et les amateurs de sensoriel,  un peu de frustration avec les remarques des ‘assis’, quand ce ne sont pas coups de pieds furtifs et insultes bougonnées. Mais rien ne pouvait gâcher cette soirée, ce show que j’attendais depuis bientôt cinq ans, j’ai continué à danser et à crier ma joie en guise de remerciements. Malgré notre persévérance, nous n’avons pas pu rencontrer « le chanceux », bien trop exténué par le voyage. Son agent déclinera finalement la plupart des interviews.

 

*The Boston Boys – I Wish I Knew How It Feels To Be Free,

https://www.youtube.com/watch?v=AYj89T3apJ8

*Ben Caplan – Southbound,

https://www.youtube.com/watch?v=RFU78RVjeuU

*Lucky Peterson à Porto Alegre en 2004

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