Musique

Le décor est posé, un immense mur de LED se trouve devant nous. Une batterie remplie de caisse, de pad et dans le coin, juste en face, un xylophone. Il révèlera des mélodies douces et aérienne. Lorsque le concert commence, une transe envahit les spectateurs. Ils ne font plus partis de ce monde. Les musiciens démarrent par une longue introduction qui décolle les poumons ( moi j'adore ! ). Le batteur tape sur la partie électrique de son instrument, le bassiste utilise ses pédales et le guitariste contorsionne sa guitare, tous les trois ont l’air de vivre leur musique. Les sonorités viennent de loin mais c'est beau. Le son est propre et si on devait décrire ce genre de musique (auquel je donnerais difficilement un style) je parlerais de musique entraînante, très binaire vous savez ? C'est le genre qui vous fait hocher la tête sans trop savoir pourquoi vous ne pouvez vous empêcher. Les mélodies empreintes à Nine inch nails et pink Floyd mais en plus rock et parfois on retrouve un petit côté pop dans la mélodie pendant que la batterie garde son jeu de métaleux à double pédale. Finalement très peu de sample, beaucoup d'électronique, des pédales en veux tu en voilà. Beaucoup d'échange entre moment très riche en sonorité et d'autre beaucoup plus calme guidé par une petite mélodie entraînante. 

On imagine le mur de LED se tortiller (ils n'étaient que trois lors du concert de vendredi soir)On imagine le mur de LED se tortiller (ils n'étaient que trois lors du concert de vendredi soir)

Côté visuel, on est pas mal loti non plus, comme je vous le disais, un immense mur de LED mouvant, qui bouge et se tortille dans tous les sens... Que dire... C'est magnifique... On ne voit plus les musiciens, seulement des milliers de petites lumières qui changent de couleur, qui donne une ambiance singulière à chaque chanson, qui font évoluer les morceaux, qui nous emmènent là où elles le souhaitent. Bref, je n’ai jamais vu un show pareil, aussi complet au niveau des lumières. De temps en temps on voit passer un laser arrivant de l’autre coté de la salle, comme une danse qui entraîne les lumières avec elle. De l’autre côté de ces LED, une surface blanche, ainsi, ils posent des vidéos projetées à l’aide d’un rétro projecteur et derrière le mur ? une grande toile blanche qui parfois reflète les LED et par d’autre fois renvoies des images mouvantes. Visuellement parlant, on ne peut rien dire c’est vraiment parfait. 

Le sans faute n’était pas loin, si seulement les musiciens étaient plus communicatifs. Il a paru évident qu’ils ont fait le choix de ne pas parler au public à part pour dire bonsoir mais si le mur de LED était une idée lumineuse (ha, la bonne blague !) le mur invisible entre eux et nous signifiait trop de distance. D’autres personnes auront appréciées cette mise en scène, on peut dire que les avis sont partagés. On leur souhaite une bonne continuation, on espère que leur nouvel album va se vendre comme des petits pains parce qu’ils le méritent vraiment !

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Ma première soirée dub avec Kanka !

 

Vendredi soir avait lieu le concert très attendu de Kanka, accompagné d'ASHKABAD et des Welders Hi Fi aux Passagers du Zinc d'Avignon. Si tu n'as pas pu y assister cher lecteur, ne t'en fait pas, je me suis chargée de te concocter un petit compte-rendu !

Je débarque donc devant la salle des Passagers en début de soirée. Premier concert en solo, je suis un peu impressionnée et assez rapidement, la pluie s'en mêle... J'ai froid et inutile de te dire que mon moral n'est pas vraiment au top ! Heureusement, la foule de fans qui attend l'ouverture avec impatience est très sympa et me met rapidement dans l'ambiance. Quelques minutes plus tard, la sécurité annonce à ceux qui n'ont pas de billets que le concert est complet et ouvre enfin les portes du lieu saint.

 

Explosive Live Dub

Ouf, je suis à l'intérieur ! Il fait meilleur et c'est bien normal car ASHKABAD se charge de chauffer la salle. Sur sa page Facebook, le groupe qualifie son genre musical d' « Explosive Live Dub » et je comprends maintenant mieux pourquoi. Après une introduction assez lente, le dj incorpore peu à peu du jazz et même de la dubstep aux accords du guitariste. Le duo se donne à fond et ambiance les spectateurs à la perfection !

Après l'habituelle pause cigarette vient le tour des Welders Hi Fi. Bien connus du public du sud de la France, ils sont très attendus et proposent une dub plus traditionnelle, rien d'extraordinaire en soi mais les spectateurs semblent apprécier. Très vite, le duo est rejoint par une chanteuse qui apporte liant et chaleur à la formation. En fin de set, la voix de Brother Culture annonce l'arrivée imminente de Kanka !

 

Watch Your Step

Après deux premières parties très intéressantes musicalement parlant, Kanka déboule enfin et met tout le monde d'accord. Les basses profondes et les rythmiques travaillées transportent le public des Passagers dans une transe presque mystique. Premier constat : Kanka revient dans un style résolument plus dance-floor. Impossible de rester immobile tant les riddim entêtants du duo sont efficaces. Après plusieurs chansons assez récentes, les valeurs sûres s'enchaînent avec Revolution ou encore Skunky et Trip. L'ambiance est électrique et les spectateurs -moi la première !- n'hésitent pas à pousser la chansonnette. Kanka me ferait presque oublier la pluie, le Mistral et les 5° qui m'attendent à l'extérieur. 

Cependant après 45 minutes de show, quelque chose me dérange. J'ai l'impression que le dj joue plusieurs fois les mêmes samples et que le bassiste n'est plus vraiment impliqué... L'ambiance est toujours là mais c'est comme si on passait l'album sur une chaîne hi-fi. Sons trop répétitifs ou musiciens lassés ? Difficile à dire. Tout à coup, les lumières se rallument, c'est la fin et personne ne semble s'en être vraiment rendu compte.


altWatch your stepWatch your step

 

Don't Stop Dub

Malgré un final en demi-teinte, cette soirée fut placée sous le signe de la chaleur et de la découverte. Découverte avec deux groupes : ASHKABAD qui innove en apportant de nombreuses influences à sa dub rythmée, et les Welders Hi Fi qui raviront les puristes du reggae. Deux formations très efficaces qu'il faut entendre absolument ! Quant à Kanka, cela faisait plusieurs années que j'attendais de les découvrir en live et je n'ai pas été déçue. Encore une fois, la salle des Passagers du Zinc démontre avec brio que c'est un lieu incontournable de la musique live en Avignon.

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Samedi 29 novembre 2014 la salle de l 'Affranchi accueillait NINA ATTAL , véritable figure d'un renouveau du funk et de la soul sur la scène française .

Retour sur le parcours de Nina et récit de cette folle soirée.

Le live :

Après 19 concerts Nina Attal s'attaque donc armée de son équipe de musicien et de Philippe Devin son acolyte de longue date ( plus de 300 concerts a leurs actifs) à l'Affranchi pour conquérir un public marseillais venu en masse pour savourer la performance live d'un second album " WHA " époustouflant.

La couverture de l'album WHALa couverture de l'album WHA

 

Peu après l'ouverture des portes la salle est prête, bien chaude et très impatiente. La bande son s'arrête, les lumières s’éteignent, les voix se font rares et les yeux s’ouvrent. Peu de décors sur scène nous avons donc la certitude d'assister a un vrai spectacle musical sans fioritures. Les six musiciens débutent sans Nina Attal  annonçant la couleur d'entrée de jeu. A son arrivée la salle double d'enthousiasme et c'est parti.

Dès les premières notes vocales tout le monde reste bouche bée surpris de voir qu'une voix si puissante et juste émane d'une si jeune musicienne. Les morceaux s'enchainent parfaitement, majoritairement du second album  dernier en date pour l'instant. Tout groove énormément. Après un petit 360 degrés il est impossible de trouver une tête ou un corps ne se tortillant pas au rythme précis et percutant de Julien Audigier (Batteur) et à la rythmique de Philippe Devin pour ne citer qu'eux. Le show est rodé, Nina joue, chante et bouge avec un enthousiasme rare, débordante d'énergie et faisant preuve d’une aisance scénique déconcertante qu'elle a transmise à ses musiciens. Notamment à travers certaines chorégraphies minutieuse amenant un plus au bonheur visuel du public, l'auditif étant d'entrée de jeu déjà conquis.

La chanteuse pendant le concert - Photo par Caroline pougetLa chanteuse pendant le concert - Photo par Caroline pouget

 

 En bref un concert grandiose et  plein de surprise (trop vous en dire serait " gâcher " certains passages inattendus).  Les musiciens font preuve d'un feeling et d'une technique de haut vol  jonglant entre solos de guitares impressionnants et mise en place millimétrées. C'est véritablement un groupe d'amis et ceci s'entend évidemment. Nina Attal quant à elle, outre ses qualités de musicienne vous prouvera que sa voix déjà clinquante en studio n'est en aucun cas retouchée car elle vous scotchera également en concert, ce qui n'est pas le cas de toutes …  

A voir absolument si vous aimer danser, sourire, rêver en musique et que vous n'avez pas peur du torticolis ! De 7 à 77 ans  

 

Interview : Quand talent et simplicité font bon ménage

Interview avant le concert du soir pour mieux connaitre son parcours.

 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

NA : " J'ai 22 ans et j'ai monté ce projet il y a environ 5 ans avec Philippe Devin (Guitariste et directeur artistique) avec qui j'écris et compose. Nous avons sorti deux albums et un EP, et nous nous produisons énormément sur scène "

Quelles sont tes influences ? Qui t'as fait découvrir le blues, le funk, la soul qui ne sont pourtant pas des genres musicaux écoutés en masse par les jeunes notamment d'aujourd'hui ?

NA : " J'ai commencé à écouter beaucoup de rock comme ACDC, Led Zepelin après avoir débuté la guitare vers 11 - 12 ans, et je me suis ensuite tournée vers le Blues notamment BBking, Albert Colins, qui sont des artistes qui mettent énormément la guitare en avant. En jouant dans de nombreux Jams vers 15 ans je suis tombée amoureuse de la scène et c'est pour cela que l'amour pour la soul et le funk est arrivé car ce sont des styles musicaux fait pour le live très visuel. Ensuite évidemment Lenny Kravitz, Stevie Wonder influencent également ma musique "

Comment a tu appris la musique ?

NA : " Donc j'ai commencé le piano vers 9 ans dans un centre musical une sorte d'école de musique ou je prenais des cours de classique, solfège et compagnie, mais ce n'était pas trop pour moi. Puis j'ai pris des cours de guitare avec au départ un prof de jazz qui m'apprenait du coup beaucoup de théorie  très utile il faut le dire. Puis réellement la meilleure école a été la scène je pense, les jams, ou tu joues "à l’arrache" avec d'autres musiciens,   c'est bien d'apprendre par soi-même aussi."

Quel a été pour toi le tournant de ta carrière ?

NA : " Un tremplin " Blues sur scène " remporté en 2009 ou j'ai remporté à peu près tous les prix. L'objectif était vraiment de voir si ma musique allait plaire, et comme ça en avait l'air on s'est lancé  la dedans a fond, ensuite on a enregistré l 'EP puis la rencontre avec notre tourneur qui nous a trouvé énormément de dates a été importante. "

Tu as fait pas mal de Featurings, peux-tu nous dire le plus enrichissant ? Electro Deluxe, Malted Mild, Beat assaillant ?

NA : " Aucun en particulier, ils apportent tous quelque chose, c'est hyper enrichissant de voir comment les autres travaillent. J'espère en faire de plus en plus de collaborations, des chansons avec des guests... "

Ton meilleur souvenir Live ?

NA : " Le premier qui me vient a l'esprit est vraiment le Festival de Jazz de Montréal ou nous avons joué devant environ 50 000 personnes car je n'avais jamais joué devant autant de monde, ca reste gravé quand même... Et sinon les beaux souvenirs de tournée ou on part 15 jours 3 semaines avec la même équipe on se marre bien c'est génial ! "

Le pire souvenir Live ?

NA : " Alors je ne citerai pas le festival, les pauvres... Mais un concert sous orage assez violent, le son s'est coupé 6 fois et du coup ca démotive un peu sur le moment  "

Pas mal d'artistes se font connaitre via l'électro, Greem a déjà remixé une de tes chansons, as tu demandé a d'autres DJs de faire d'autres remix ou des collaborations avec toi ?

NA "Oui c'est très intéressant, c'est un genre musical auquel je m'intéresse de plus en plus  et je connais des gens hyper talentueux qui font ça donc pourquoi pas à l'avenir oui, je trouve que c'est un bon mélange la soul le funk et l'électro.

Ça permet de faire découvrir aux jeunes ces styles par l'électro ou d'autres trucs a l'ancienne même si des artistes comme Bruno mars actuellement font des sons hyper funky et ca plait énormément."

Un prochain Album de prévu ?

NA "Evidemment on y pense, mais pas pour tout de suite car on va déjà bien roder celui ci (" WHA" )  sur scène "

Qui compose ?

NA : " Philippe et moi majoritairement, il écrit toutes les bases musicales, et moi je m'occupe des paroles et mélodies et nous faisons les arrangements ensembles. Après une fois qu'il faut répéter et arranger les morceaux pour la scène tous les musiciens peuvent proposer leurs idées.

Le titre " Get Away " n'apparait pas sur aucun album, comment cela se fait il ?

NA : " En effet oui il est exclusivement sur internet, il y a eu une captation en studio, mais nous le jouons a tous les lives "

Pour finir, décris ta vie de musicienne en 3 mots

NA : " Alors, j'ai mal au dos et j'ai mal au ventre...  (rires) Non plus sérieusement on s'éclate, c'est détendu il y a une bonne ambiance, on est toujours ensemble, Apéro, diners... Que du bonheur. "

 

Dates a venir : - 5 décembre à Alençon 

                           - 24 Janvier a Paris au Pan Piper

 

Plus de dates a découvrir sur internet, on se quitte sur un son du dernier album, Peace !! : https://www.youtube.com/watch?v=RyqsTcJHY6s 

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Un groupe international: (de gauche à droite) Le suédois David Stackenäs, la française Eve Rissier, la suédoise née en Ethiopie Sofia Jernberg et le norvégien Kim Myhr.Un groupe international: (de gauche à droite) Le suédois David Stackenäs, la française Eve Rissier, la suédoise née en Ethiopie Sofia Jernberg et le norvégien Kim Myhr.

 

Présentation

 

Nous entrons dans la salle de l’AJMI où se déroulera le concert. La musique de ce groupe nous avait été décrite comme un croisement entre  musique improvisée, free jazz (si vous voulez vous familiariser avec le free jazz: http://www.avignonetudiants.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=808:du-free-du-jazz-du-freejazz&catid=34:musique&Itemid=14), musiques électro-accoustiques et concrètes,musique contemporaine, tout cela nourri de musiques du monde. Bref, rien de connu ou de familier, nous étions donc curieux de voir ce que ça allait donner. Les spectateurs sont déjà là, l’ambiance est en place. Aux murs des tentures noires colorées par des lumières rouges, des portraits de saxophonistes et un bar où l’on est servi par l’un des membres de l’association. Le plafond plutôt bas, les dominantes noires et rouges et l’atmosphère détendue qui règne parmi les spectateurs met à l’aise. Nous nous installons, un verre à la main et le spectacle peut commencer.

Les quatre musiciens sortent des coulisses et sans plus de formalités, se mettent à jouer. Nous avons Eve Risser, au piano préparé et compositrice de la moitié du répertoire. Kim Myhr à la guitare préparée et aux percussions est assis à côté de Sofia Jernberg, qui prête sa voix aux chansons et est compositrice de l’autre moitié du répertoire. À l’extrémité de la scène on trouve David Stackenäs également à la guitare préparée.

 

C’est quoi un instrument « préparé » ?

 

Un piano préparé est un piano dont le son a été altéré en plaçant divers objets  dans ses cordes. Nous avons par exemple pu voir Eve Risser placer et déplacer dans son piano les objets suivants : des petits poids avec un crochet pour les accrocher aux cordes, une boule de verre, un galet, une pince et des baguettes avec lesquelles elle tape parfois directement sur les cordes pour produire du son. Cette technique est considérée comme une technique du jeu étendu sur le piano. L'idée de modifier le timbre d'un instrument par l'utilisation des objets externes a été appliquée à d'autres instruments que le piano, par exemple à la guitare préparée.

Une guitare préparée est une guitare sur laquelle on a modifié le timbre par diverses techniques y compris en plaçant des objets entre les cordes de l'instrument. Cette pratique s'appelle parfois la guitare de table, parce que beaucoup de guitaristes ne tiennent pas l'instrument de la façon habituelle, mais placent leur instrument sur une table afin de la manipuler plus facilement. En effet, David Stackenäs a deux guitares : une sur les genoux et une devant lui sur une table. Sur cette table, autour de la guitare, lui aussi a sa petite collection : de la laine de fer, une règle, un archet et des archets électroniques (et encore, ce n’est que ce qu’on a pu distinguer!).

 

Le concert

 Toutes les lumières sont dirigées vers le groupeToutes les lumières sont dirigées vers le groupe

Le groupe joue assis, seule la pianiste se lève de temps à autre pour déplacer des objets dans son piano. Les chansons sont longues, avec des parties très différentes, peu ou pas du tout de répétition. L’étonnement prime d’abord puis lorsque l’oreille commence à s’accommoder de ces sonorités inhabituelles, on commence à distinguer une certaine harmonie qui s’installe progressivement. Les sons seuls sont parfois discordants mais s’inscrivent dans un ensemble logique qui a du sens. La chanteuse chante comme on pourrait s’y attendre mais fait aussi des sons improbables, siffle et souffle dans le micro, bref fait une démonstration d’une grande partie du répertoire de tout ce qu’on l’on peut faire avec la voix humaine. En plus de cela, certaines phrases ne sont pas dites en une fois mais par un mot qui est répété et auquel est rajouté à chaque répétition le mot suivant, un peu comme dans la chanson « Du hast » de Rammstein (/!\ attention métal /!\) : https://www.youtube.com/watch?v=KzGKsXPBILw 

Je comprends ce que voulait dire l’auteur de d'un article sur ce groupe que j'ai lu quand il parlait de « décomposition du texte ». Toutes les chansons sont d’inspirations différentes, on le comprend grâce à la petite introduction que Sofia Jernberg fait à chaque fois. L’une d’entre elles est inspirée d’un poème sur l’atelier d’un artiste qui parle du son et de la lumière dans cet atelier. Le texte d’une autre a été écrit par un poète Sud-africain pendant l’Apartheid, alors que pour la chanson suivante, la chanteuse a demandé à tous ses amis facebook de lui envoyer des phrases commençant par « let’s » et a ainsi, en assemblant le tout de manière harmonieuse, écrit une chanson dont toutes les phrases commencent ainsi.

Contrairement à d’autres groupes où avoir le son suffit à profiter du concert, « The New Songs » sont également fascinants à regarder grâce à leur approche des instruments peu orthodoxe. D’abord le fait de voir la pianiste ne pas rester assise, comme on s’y attendrait de la part d’un pianiste, mais se lever pour placer des objets dans le piano ouvert, jouer des percussions sur les cordes et même taper le rythme sur le bâton maintenant le dessus du piano ouvert est plutôt étonnant. Les autres ne sont pas en reste : les spectateurs qui n’ont pas bronché en voyant les guitaristes sortir des archets et jouer avec, se disant, qu’après tout, même si on ne l’a jamais vu ça doit pouvoir se faire sur tous le instruments à cordes, n’ont pu s’empêcher de tiquer lorsque Kim Myhr a retourné sa guitare et s’est mis à jouer sur le dos de celle-ci !

Malgré ce que j’ai dit précédemment, le son permet quand même de se faire une idée de la chose : https://soundcloud.com/the-new-songs

Le concert, d’à peu près deux heures entrecoupées d’une pause est passé très vite et, malgré quelques sons stridents à l’archet électronique, plutôt agréablement. En effet, même si ses sonorités sont inhabituelles, cette musique a quelque chose d’apaisant qui nous donne l'impression d'avoir vu un film qui nous a fait voyager lorsque le concert se termine et que les lumières se rallument. C’est je pense, la meilleure manière pour moi de décrire ce dont nous avons été témoins ce soir la : de la musique qui fait voyager.

 

Interview avec Eve Rissier:

Nous sommes allés à la fin du spectacle à la rencontre de Eve Rissier, seule francophone du groupe, qui a eu l’amabilité de répondre à nos questions:

Radio Campus Avignon : Comment avez-vous formé votre groupe ?

Eve Rissier : Je fais partie d’un collectif de jazz, « Umlaut » dont le nom désigne tous les accents qui modifient les sons des lettres en norvégien, qui réunit de nombreux artistes européens, c’est comme ça que nous nous sommes rencontrés. En plus, j’ai toujours beaucoup aimé ce que faisaient les Suédois et les Norvégiens.

RCA: D'ou vous vient l'inspiration de vos chansons ?

E.R. : Mon inspiration première a été une visite dans le désert aux Etats-Unis. En face des Canyons et de toute cette immensité j’ai pris conscience du peu d’importance que nous avons dans le temps et l’espace en tant qu’humains et j’ai cherché à exprimer ce sentiment en musique. Ensuite, au fil du temps, j’ai moins cherché à exprimer un message plutôt qu’à transmettre des sensations. Notre musique est devenue plus corporelle, plus intuitive. Mais dans l'ensemble, je prends de l'inspiration dans la nature, la nature sous forme de paysage mais aussi la nature urbaine et humaine. La nature est un univers fascinant et riche qui m'apporte beaucoup.

Nous écrivons aussi souvent pour des personnes qui nous demandent des chansons, mais nos écrits restes tout de même très personnels.

Notre musique est très propre à nous-même, ce qui a fait qu’on a du mal à se catégoriser dans un style de musique particulier pour se présenter aux salles dans lesquelles on veut jouer. On a parfois du mal à trouver des concerts. Heureusement qu’il y a des structures comme l’AJMI qui nous accueillent dans de très bonnes condition.

RCA : Comment composez-vous vos chansons ?

E.R. : A partir de notre inspiration ou des demandes de morceaux, nous puisons les idées dans notre corps. Ensuite les morceaux n'est pas écrits totalement. Au début du groupe, nous voulions faire des chansons beaucoup plus dirigées mais au fil du temps, nous avons laissé des parties libres. Chacun de nous fait ensuite un travail personnel avec son instrument. Quand nous composons, nous donnons seulement une direction au morceau. Quand on joue ensuite, on fait comme on le sens, on ne sait pas quand les parties vont arriver c'est ça qui est intéressant.

RCA : Comment en venez-vous à utiliser des objets aussi hétéroclites ?

E.R. : D’abord, ce qui m’a amené à préparer mon piano, c’est le sentiment que des quatre paramètres de la musique (hauteur, rythme, intensité, timbre), le timbre était négligé et qu’on ne le travaillait pas assez. Je suis donc partie de sons que j’entendais à l’état naturel et j’ai cherché à les reproduire comme je pouvais dans mon piano. À force d'expérience, je sais maintenant exactement quel son va donner quel objet, mais c'est un travail long qui demande de la patience.

Lorsque nous sortons des coulisses la moitié du public est encore la et discute avec les artistes. Après avoir remercié la pianiste nous quittons la salle, sachant que nous y retournerons bientôt...

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Des LED dessinent les contours de formes géométriques sur la scèneDes LED dessinent les contours de formes géométriques sur la scène

Samedi 22 Novembre, à l’Alpilium de St-Remy-de-Provence, se trouvait le concert de Cats on trees organisé par les Passagers du Zinc. La salle affichait complet, pas étonnant pour un groupe dont les musiques passent sur Virgin radio. Curieuse de découvrir en vrai des artistes qu’on entend partout, je vous en raconte un peu plus …

Un show qui claque!

 

Le moins qu’on puisse dire c’est que les spectateurs sont chauds, d’ailleurs ça se ressent dans la salle, une bonne vingtaine de degré à St-Remy. Les artistes montent sur scène, j’attends de voir le rendu de la déco. De parts et d’autres de la scène on aperçoit des triangles. On voit que le visuel a été beaucoup, mais beaucoup travaillé. Non mais ce que je veux dire c’est que la personne qui a monté ce spectacle est un tueur des lumières. Quatre vidéoprojecteurs qui illuminent les éléments de scène, des milliards de LED partout qui dessinent les contours des éléments et des formes géométriques derrière. Le tout synchronisé avec la musique, rendez-vous compte de ce travail titanesque, c’est tout simplement magnifique. Avec le noir de la salle on se croirait au fond des abysses au milieu des poissons transparents et électriques. Je ne vous ai pas dit, je suis à l’étage, j’ai une vue d’ensemble et la salle est comble. La scène est symétrique, un ensemble de corde à l’arrière rend le tout un peu plus complet.

 

Un visuel très travailléUn visuel très travaillé

 

Le chat est tombé de l’arbre

 La chanteuse Nina, à un grain de voix particulier. Grave et suave, elle utilise beaucoup les vocalises comme pour combler un manque de parole ou rajouter un instrument. Assise derrière son piano, elle bouge beaucoup les cheveux et du coup, on croirait qu’elle bouge vraiment. Quant au batteur, il n’a pas dit un mot depuis le début du concert. Une fois de temps en temps, on l’entend comme un lointain écho qui vient doubler la voix de la chanteuse, pourtant les enceintes de l’Alpilium sont bonnes, mais voilà il chuchote. Finalement, il demande à la salle de se faire des bisous et des câlins et de se tenir par la main. Tout cela semble être magnifiquement orchestré, contrôlé, répété. A part ça, il a l’air entrainé par sa batterie, bien que les paterns semblent strictement accompagner les accords du piano à la croche ou à la noire. Dit plus simplement, c’est extrêmement simple et dépouillé de toutes fioritures, c’est vide, ça manque de rythme accrocheur et envoûtant. Le moins que l’on puisse dire c’est que ce concert est participatif, ils prennent quand même le temps de nous apprendre un refrain et la chanson démarre avec un peu plus de dynamisme (ça fait du bien). La salle en tremble d’applaudissement. Le rythme passe à la croche, la chanteuse se lève et demande au public d’agiter les bras.Certaines sonorités me font penser à Metronomy.

 

En bref,

 

Bilan mitigé, la musique sur une base piano/batterie reste très mélodique, les accords sont plaqués, redondants et prévisibles, la batterie ne décolle jamais vraiment. Derrière, un ensemble de corde qui rajoute encore une touche de grandiose. Effectivement, ça permet de remplir l’espace musical. Habillées en noir comme à l’opéra, dans un concert de musique actuel pop électro, ça me titille un peu qu’on reprenne les vieux classiques dans un contexte inadapté. Bref, le show reste quand même magnifique, dommage qu’ils aient mis le paquet sur la forme et pas sur le fond. La musique est vide de sens, je n’ai pas su définir l’univers auquel ses artistes appartiennent. Les cris de joie fusent dans la salle, moi je cris halte aux mélodies trop simples, halte à la facilité, et à ce qu’on nous impose et que l’on accepte sans même chercher à comprendre, ce qui fait la beauté profonde de ce que l’on écoute. Cette musique est tout public effectivement, mais quand on est tout public, finalement on en est aucun.

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