Société

 

« L’une des clés du succès est la confiance en soi.

L’une des clés de la confiance en soi est la préparation.  »

de Arthur Ashe 

 

- Dans la salle des thèses. Université d’Avignon. Jeudi 6 novembre 2014 -

 

Le silence se fait dans l’assemblée. Hugo et Esmeralda, animateurs Radio Campus s’apprêtent à prendre ensemble l’antenne en direct et annoncer la seconde édition des Bruits de Campus.

Pour découvrir la thématique du premier débat... http://www.avignonetudiants.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=805:luniversite-davignon-acteur-stratege-de-lechiquier-territorial&catid=40:culture&Itemid=50

Face à eux se tient dans le public une forte représentativité du monde associatif et des affaires régionales, dont notamment :

            Le président d’Inter’assos, Olivier Huet

            Le vice-président étudiant, Allan Rochette

          Le président de l’UNEF (Union nationale des étudiants de France) et membre élu au CA de l’université d’Avignon, Jordan Syabri

            Le président de Tubes à idées (association Master PCC), Alexandre Delorme

            La présidente de Muséocom (association Master PCP), Carole Destribats

            Marianne Alex, doctorante en Sciences de l’Information et de la Communication

            Et le chargé des affaires régionales, Benjamin Bois

La conférence promet d’être animée, la thématique porte en effet sur “la parité à l’université, la vie politique à l’université et la place des associations dans la vie universitaire”. Rewind sur une conférence instructive et engagée sur l’avenir des projets universitaires et étudiants. 

Dans la salle des thèses, alors que débute le débat diffusé en directe des ondes Radio CampusDans la salle des thèses, alors que débute le débat diffusé en directe des ondes Radio Campus

 

1. La parité à l’Université

 

“La femme sera vraiment l’égal de l’homme le jour où, à un poste important on aura une femme incompétente”.

Françoise Giroux

            A l’université d’Avignon, la parité homme/femme est bien réelle de la licence au doctorat. Mais lorsque l’on se penche sur la question des étudiants ayant quitté les études post-licence on constate pourtant de différences notables après trois années hors cursus universitaire : 65% des garçons auront atteint un niveau cadre contre 42% pour les filles.

Les choix de vie l’expliquent. La femme devenant mère n’aide pas à la perspective d’une carrière professionnelle et semble aller à l’encontre des attentes des entreprises. La même analyse peut-être menée au niveau des professionnels de l’université. Une parfaite parité se dégage des enseignements en doctorats. Mais en montant dans les échelons, les femmes tendent à disparaître.

De surcroît, bien qu’il faille noter d’une dynamique positive visant à favoriser la parité à l’université, les enseignants doivent davantage s’engager vis-à-vis des questions de parité. Pour exemple : En 10 ans le pourcentage de femmes professeurs à largement augmenté. Il est passé de 18% dans les années 2000 à 23% aujourd’hui. A cette vitesse là, selon Marianne Alex, on atteindra l’égalité en 2068.

Marianne Alex, doctorante en SHS à l’université d’AvignonMarianne Alex, doctorante en SHS à l’université d’Avignon

Pour combattre cela, des initiatives d’associatives ont été mises en place. S’orientant davantage sur l’individu et sur le groupe que sur les facteurs organisationnels (lois,...). En effet, leur objectif est de mettre en place et développer des outils qui servent aux femmes afin qu’elles évitent le fameux “plafond de verre”.

La métaphore du “Plafond de verre” est utilisée pour parler des codes et stéréotypes propre au monde de l’entreprise qui, s’ils ne sont pas bien compris et identifiés, constituent une barrière à la perspective d’une évolution de poste. Le postulat de ces outils : le monde de l’entreprise est régie par le masculin et ses codes y sont bien spécifiques. Ainsi ces outils permettent notamment de :

- Relativiser l’image que l’on véhicule en tant que femme.

- Identifier un certain type d’humour présent dans l’univers de l’entreprise.

- Donner confiance à la femme dans ce cadre singulier et lutter contre les automatismes acquis culturellement.

 Travailler sur les constructions de plans de vie et l’aspect organisationnel en revalorisant l’idée de concilier vie de famille et entreprise, mi-temps et congé maternité. En effet, il est tout-à-fait possible d’avoir une carrière professionnelle avec de belles perspectives sans pour autant sacrifier une vie de famille.

“Lean In” de Sheryl Sandberg  (N°2 de facebook)“Lean In” de Sheryl Sandberg (N°2 de facebook)“Choisissez tout” de Nathalie Loiseau  (Directrice de l’ENA)“Choisissez tout” de Nathalie Loiseau (Directrice de l’ENA)

Deux exemples de réussite professionnelle et familiale révélé au travers d’un roman autobiographique.

 

 

StatistiquesStatistiques

Résultante de faits et habitudes culturelles,  les femmes ont inconciemment tendance à s’auto-censurer (Complexe de l’imposture, de la fille consciencieuse, du pouvoir) tandis que les hommes adopteront un comportement plus assuré, parfois même machiste en entreprise. Il ne faut donc pas se victimiser aux vues des inégalités bien présentes et des stérétotypes existants. Les femmes doivent faire face à cela et ne surtout pas sacrifier leur carrière professionnelle.

Allant dans ce sens, le féminisme en favorisant le communautarisme s’est pourtant parée d’une très mauvaise image durant ces dix dernières années. En effet car la parité est indissociable des efforts des hommes et ce n’est qu’en prenant en compte de leur implication dans ce combat que les choses ont réellement pu évoluer. Il est donc important déviter le communautarisme en contrecarrant les dangers d’un discours anti-homme et anti-entreprises. Afin de renforcer cette position, des ateliers réalisé par les femmes pour les femmes sont ainsi apparus sur la région. Leur thématiques : le leadership au féminin.

Dans une optique d’avenir l’objectif est d’avoir une stratégie globale, louant les efforts du jour en se focalisant à la fois sur l’individu et l’organisationnel. Cela passe obligatoirement par la résolution de ces questions :

            Que peut-on proposer comme organisation et outils individuels au sein des entreprises et de l’université?

            Que peut-on proposer pour qu’hommes et femmes combattent ensemble les stéréotypes?

 

LE DEBAT

 

Question du public : Dans l’actualité, de grands groupes industriels se positionnent et proposent aux femmes des solutions afin de concilier carrière professionnelle et vie de famille. Ex : “La congélation des ovocytes chez de grands groupes industriels”. Qu’en pensez-vous?

“La congélation des ovocytes chez de grands groupes industriels”: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/10/20/01016-20141020ARTFIG00320-polemique-sur-la-congelation-d-ovocytes.php

Marianne Alex : La possibilité qui est donnée aux femmes de réaliser gratuitement cette opération (Le prix pour une telle opération : 25 000 dollars pour se congeler des ovocytes.) n’est pas à contredire mais il ne faut pas que cette opportunité et ce choix qui en découle soit en réalité une obligation dissimulée, ce qui constituerait un danger. Il est dommage de cacher aux femmes qu’elles auront un avancement si elles ont l’intention d’avoir des enfants. C’est pourtant ce que font de grandes entreprises.

Allan rochette : Quelle sont les solutions qui peuvent être prises? Le dispositif de la discrimination positive est-elle une solution envisageable? Certains pays nordique le mette en place. Y-aurait-il une autre solution transversale à mette en place?

La discrimination positive : http://www.novethic.fr/lexique/detail/discrimination-positive.html

Allan Rochette, vice-président étudiant, questionne Marianne Alex.Allan Rochette, vice-président étudiant, questionne Marianne Alex.

Marianne Alex : Quand on part dans des projets tels que la parité, il faut prendre conscience que c’est la génération à suivre qui feront que les choses changent. En ce sens il est important dès le plus jeune âge d’intervenir sur l’individu pour ne pas qu’il reproduise des schémas de pensée  ou assimile ce genre de stéréotypes.

Comme nous l’avons vu, les faits culturels influencent pourtant l’inconscient des femme qui ont une propension à s’auto-censurer (Complexe de l’imposture, de la fille consciencieuse, du pouvoir) tandis que les hommes ont parfois inconsciemment un comportement machiste.

Marianne Alex répond à toute les questions et parfois, se fait prendre en photo.Marianne Alex répond à toute les questions et parfois, se fait prendre en photo.

Jordan Syabri : Il faut donc enlever les stéréotypes persistant sur les femmes dans l’entreprise et à l’université. Ceci peut être fait dès le collège car c’est à cet âge là que l’on peut assimiler tout cela. Et peut-être ainsi verrons-nous cette discrimination disparaître et davantage de femmes suivre des chemins qu’elles n’auraient osé prendre auparavant, tel celui d’un CFA par exemple. Concernant l’UNEF, les listes d’élections sont alternées et des évènements allant dans le sens de la parité ont déjà été réalisés tel un concert pour la tolérance.

Allan Rochette : Serait-il possible de mettre en place des dispositifs de type “lanceurs d’alertes” (Tel les référents étudiants à l’université qui font remonter les problèmes des étudiants) aussi bien à l’université que dans les entreprises qui seraient là pour promouvoir la parité et alerter du machisme?

Marianne Alex : Oui, l’aspect organisationnel est important et indispensable. Pourquoi ne pas envisager de voir les étudiants s’engager à ce niveau là en intégrant des lycées et des collèges pour promouvoir la parité. Ou encore des professionnels intervenir lors d’ateliers ou forums pour partager cette question. On serait bien entendu engagé dans un combat sans pour autant en oublier les autres.

Hugo Balique : Comment faire, comment s’organiser avec les associations pour mettre en place d’éventuels projets de ce genre?

Hugo Balique, président Radio Campus interpellant  l’assemblée.Hugo Balique, président Radio Campus interpellant l’assemblée.

Olivier Huet : C’est une problématique sur laquelle Inter’assos s’est déjà penchée avec son festival de la tolérance (Mois de Mars) pour parler des discriminations à la fac.

Jordan Syabri : La licence CESER où L’UNEF siège s’attèle à ce problème.

Le CESER : http://www.ceserpaca.fr

L’UNEF : http://unefaixmarseille.free.fr/wp/index.php/tag/paca

Jordan Syabri, président de l’UNEF, à propos du CESER.Jordan Syabri, président de l’UNEF, à propos du CESER.

 2. La vie politique à l’université.

 

            L’UNEF est le premier syndicat étudiant de France ayant pour raison d’être l’aide au quotidien des étudiants. Force de proposition dans les choix du gouvernement, l’UNEF à notamment oeuvré et s’est fait entendre sur des questions d’actualité telles que :

            - La bourse accessible à tous, l’UNEF s’étant opposé au projet de loi l’an passé à supprimer les APL.

            - La ré-évaluation des montants de bourse étudiante,

            - La gratuité pour le permis de conduire, qui permettait en tant qu’étudiant d’agir pour sa commune, de payer de son temps en contrepartie duquel la mairie s’engagerait à payer le permis à l’étudiant.

Le C.A de l’université d’Avignon est une instance de décision où l’on acte des prochaines manoeuvres et orientations de l’université. Composé de 5 étudiants, d’autres collèges et responsables de formation, il permet de faire entendre la voix des étudiants, leur donner la parole lors des votes.

 

LE DEBAT

 

Alexandre Delorme : Comment peut-on prolonger l’investissement que peuvent avoir les jeunes dans les associations pour les amener jusqu’à la politique?

Bien que Jordan Syabri souligne qu’il n’y ait pas assez de tribune impactante ou d’espaces d’expressions plus présents sur la vie locale dès l’entrée en université, Allan Rochette précise que l’université a tout récemment créé le bureau de la vie de campus où déjà y réside des instances. De même pour lui il est davantage question de parler des jeunes en général : Doit-on créer un conseil régional des jeunes comme l’a proposé la maire Mme Cécile Helle?

Alexandre Delorme (Tube à idées) face à Jordan Syabri questionne l’assemblée.Alexandre Delorme (Tube à idées) face à Jordan Syabri questionne l’assemblée.

Le débat s’intensifie, il est souligné du fait qu’au niveau régional le Forum Français de la Jeunesse rassemble un ensemble d’organisations étudiantes et prend déjà en compte la parole des jeunes dans les prises de décisions.

Concernant une parité dans la représentativité des étudiants et politiques au conseil régional, les intervenants en viennent à deux approches distinctes :

D’un certain point de vue il faut faire attention à l’idée d’un quota étudiant au sein du conseil régional car penser que les étudiants sont toujours les mieux placés pour parler d’eux mêmes est illusoire. En effet, des élus régionaux sont mieux placés et qualifiées pour parler des étudiants et prendre des décisions.

L’auditoire est à l’écoute et prend note.L’auditoire est à l’écoute et prend note.

Et de l’autre on défend l’idée qu’il ne faut pas sous-entendre aux jeunes qui s’investissent qu’ils sont incompétents. Ils peuvent influer sur le paysage politique. Les infantiliser en leur empêchant l’accès à ces instances, c’est renforcer l’idée d’un microcosme politique inaccessible.

Hugo balique : Y a t-il une dépolitisation des jeunes ? Peut-on aujourd’hui se sentir intégrer étant jeune dans la vie politique?

A cette question, Allan Rochette et Jordan Syabri répondent en précisant que les jeunes sont de moins en moins partisans. Pour preuve : bien que l’université d’Avignon ai les meilleurs taux de participation de france à ses élections, il n’empêche que les étudiants ne sont pas partisans.

Cela s’expliquerait par plusieurs raisons.

Tout d’abord l’envie de s’engager dans la politique peut faire face au stéréotype : “ Les politiques, tous des pourris”. Ainsi il y a dans notre société un rejet de la politique actuelle et un désir de ne pas s’y identifier.

Allan Rochette en réponse à Hugo Balique.Allan Rochette en réponse à Hugo Balique.

Autre facteur : le manque d’une sensibilisation politique dès le plus jeune âge. Par soi même, sans avoir vécu dans cet intérêt pour la politique, cela devient plus difficile de s’intéresser et prendre confiance en soi pour intégrer le monde de la politique. Aujourd’hui la tendance est davantage à l’envie de se syndiquer ou d’entrer dans une association. Car en effet le statut associatif est une forme de politique et permet même de faire “une politique noble”, du quotidien, qui pense au bien commun sans se soucier de la position : partis de droite, de gauche, centriste,...

Ainsi, les organes qui sont mis en place par et pour les étudiants n’ont pas nécessairement besoin d’accorder un grand pouvoir décisionnel. Cependant,  il est important que les décisions qui y sont prises se réalisent concrètement, en dehors de toute orientation politique.

Nous en venons donc à croire que la dépolitisation des jeunes viendrait d’une incapacité de la politique actuelle à leur fournir des résultats concrets. Source de questionnements redondants et futiles la politisation semblerait presque vous interroger en pointant du doigt sur votre sens moral : De gauche, de droite? Extrème écolo qui revendique la cuisine au véritable beurre Breton, celui qui vient de nos vaches, nos campagnes, nos agriculteurs? Grand fou!

Alexandre Delorme : Il ne faut pas réduire l’engagement politique au militantisme.

Question du public : Est-ce que les jeunes ne s’engagent pas différemment et où se trouve leur place si ils ne sont pas dans les instances de représentativité?

A l’échelon universitaire, Olivier Huet entend préciser le fait que les représentants des instances universitaires, chargés de porter la voix des étudiants, sont présents tout au long de l’année afin d’écouter, soutenir, apporter de l’aide.

Cyrille de Première Loges précise que lorsque l’on intègre Muséocom, conjointement avec l’esprit de la formation, on porte un message politique et culturel.

Muséocom : http://museocom.fr

Le débat aboutit sur l’idée qu’il y a une jeunesse et des jeunes. Tous les jeunes ont les mêmes attentes : avoir un travail, trouver sa place dans la société, s’épanouir dans la société. Il y a en cela une unité de la jeunesse autour des mêmes attentes et volontés. Certains sont plus initiés que d’autres à la politique alors que les autres n’osent pas aller voir ces institutions, se présenter et s’intéresser à elle.

De fait, les collectivités ne devraient pas se limiter à communiquer la politique auprès de quelques acteurs locaux représentatifs de la jeunesse mais plutôt s’adresser à l’ensemble des acteurs de la jeunesse.

Carole Destribats, présidente de l’association Muséocom.Carole Destribats, présidente de l’association Muséocom.

C’est à Carole de conclure en disant : Je ne me sens pas engagée. Je n’ai pas cette sensibilité là. Pas dans cette dimension là... Les médias et l’actualité politique ne nous donne pas l’opportunité de nous intéresser à elle.

Benjamin Bois, chargé des affaires régionales  répond à Carole Destribats en lui soulignant l’importance de mener des débats publics sur l’ensemble du territoire auprès des différentes jeunesses (rurale, montagnarde, des jeunes en formation, salarié)

Ces débats participent à répondre à la question :

Comment peut-on donner la place aux jeunes?

Comment peut-on faire pour que les jeunes aient plus de prises de décision?

Le chargé des affaires régionales, Benjamin Bois soulignant l’importance des Etats généraux.Le chargé des affaires régionales, Benjamin Bois soulignant l’importance des Etats généraux.

 

3. La place des associations dans la vie universitaire.

 

            Inter’Assos Avignon est la fédération des associations étudiantes d’Avignon. Au nombre de 21, ces associations s’inscrivent dans le paysage très développé de l’université. De la web-tv aux associations de promotions (STAPS, Droit) sans oublier les associations culturelles (Culture.com, Les triplettes de quartiers), elles contribuent à l’animation et à la dynamisation de la vie étudiante.

Tubes à idées : http://blogs.univ-avignon.fr/tubeaidees/

Au delà de ces opérations festives, les étudiants par le biais de ces structures sont sensibilisés à différentes problématiques et apportent leur soutien à des opérations nationales : “Festival de la tolérance”, “Sidaction”, “Téléthon”. Plus qu’on moyen d’intégration et d’animation, ces associations permettent aux étudiants de se sentir vivre comme citoyen en appartenant à une communauté ouverte sur la société. Preuve en est, souligne M.Olivier Huet, avec le projet solidaire “Agoraé”, l’épicerie sociale et solidaire pour les étudiants.

Aujourd’hui l’optique est de developper des actions étudiantes à l’échelle régionale et renforcer les liens entres fédérations pour porter des projets d’envergure sur le territoire. Et bien que les sources de financements et critères d’attribution de bourse soient toujours limités pour mettre en place ce genre de projet, l’idée d’organiser en commun un festival des associations ou encore une fête de la jeunesse intéresse les intervenants et le public. Mettre en avant les compétences et les talents des jeunes au niveau régional serait l’objectif principal. Au delà, cela permettrait de renforcer ce sentiment d’appartenance et donnerait l’opportunité aux associations et au monde universitaire d’avoir une visibilité importante sur la scène régionale et nationale.

Olivier Huet répond à Benjamin Bois sur le statut les actions menées par Inter’assos.Olivier Huet répond à Benjamin Bois sur le statut les actions menées par Inter’assos.

 

Tom lavit, président des “Triplettes de quartiers”, oreille attentive, prend note du débat.Tom lavit, président des “Triplettes de quartiers”, oreille attentive, prend note du débat.

L’ opération n’apparaît pas démesurément ambitieuse et inaccessible, pour preuve “Le printemps des lycéens” qui fut un évènement important sur la région. Mettant en avant la citoyenneté, ce festival mit en place une programmation uniquement dédié aux talents lycéens pour les lycéens.

 

LE DEBAT

 

Faisant écho aux problématiques exposées lors de la première édition de ces Etats Généraux, ce débat nous amène à réfléchir sur les jeunes et leur position dans la région, à formuler des solutions aux questions : 

Comment faire pour que les étudiants restent sur Avignon?

Comment faire pour que les lycéens restent sur Avignon et poursuivent leurs études dans la région?

Car n’en déplaise à la ville d’Avignon, d’autres villes avoisinantes apparaissent comme très attractives pour des étudiants en devenir. Olivier Huet ajoute qu’il est temps pour la ville d’Avignon et les grandes villes universitaires de la région PACA, de sacraliser véritablement le fait que ce sont des villes étudiantes. Et bien qu’Avignon, au contraire de villes telles que Marseille ou Montpellier, ai un manque d’offre d’activité nocturne, il est à noter de la vie associative omniprésente dans le paysage avignonnais, vient compenser ce problème.

Alizée Bertuccelli, présidente de l’association Culture.com :Alizée Bertuccelli, présidente de l’association Culture.com :

“C’est ma troisième université, quand j’étais à montpellier il y avait une forte vie nocturne au contraire d’Avignon. En revanche il y avait 0 vie associative. En 5 ans, j’ai jamais entendu parler d’une association, jamais n’ai entendu parlé d’un ciné-concert organisé par des étudiants. A avignon, il faut prendre conscience qu’il y a une vie associative qui supplante le manque d’une vie nocturne. Ca fait vivre l’université. Moi, je m’y plais.”

Afin de répondre à la problématique du manque d’activité nocturne Allan Rochette apporte une réflexion transversale : Pourquoi ne pas essayer d’uniformiser les pratiques des villes universitaires? Comment créer et échanger les bonnes pratiques, partager et vivre des projets d’envergure entres universités et villes universitaires?

Bien qu’à une telle échelle personne ne puisse concrètement apporter de solutions tangibles, Cyrille Meniolle de Cizancourt (Association Première Loges) précise qu’au niveau local deux évènements collaboratifs s’inspirent de cet esprit de partage et de cohésion. Deux dates à retenir pour découvrir l’oeuvre de cette collaboration inter-associative.

            - Le Campus Sonore ou il y aura une exposition, des concerts et projections uniques (Le 11 décembre - 8 associations sont porteuses de cet évènement)

            - Les Hivernales qui verront notamment la mise en place d’un tremplin de danse (du 4 au 6 février).

 

M. Benjamin Bois : Quelles sont les clés de la réussite qui font pâlir les autres universités?

“La réussite” de la vie éudiante à Avignon réside notamment dans la qualité de ses formations mais aussi  dans le développement exponentiel de son tissu associatif. Comme l’atteste M. Allan Rochette, il y a cinq an la vie associative à l’université était presque nulle. Cette croissance des instances universitaires fut en partie possible grâce à l’université. Possédant des services dynamiques et réactifs, elle a su accorder sa confiance aux étudiants et à ses élus en leur laissant le choix de monter des projets et de s’épanouir par la même occasion.

Pour exemple, le FSDIE (Reception des demandes de subventions d’associations étudiantes, traitement et choix des sommes d’argent accordées.) est composé à 96% d’étudiants.

De même, il y a cinq an seulement 25% des fonds FSDIE étaient utilisés. Aujourd’hui, ces fonds sont utilisés à 100% ce qui prouve d’une dynamique associative assez éloquente. De même au niveau associatif l’université d’Avignon est l’une des seules à proposer un week-end de formation pour former ses étudiants à la gestion d’une association et à la compréhension de son environnement.

Alizée Bertuccelli : La clé, c’est l’université à taille humaine et les formations qui sont propices

à porter des projets d’envergure.

L’un des postulats du succès de l’université d’Avignon et de son tissu associatif repose sur sa taille. Ainsi, si l’université était bien plus grande il n’y aurait pas autant de vie associative, d’engagement des étudiants et d’accompagnement des projets entres associations. Pour finir, Hugo Balique conclut cette deuxième édition des Etats généraux en aboutissant sur l’esprit associatif avignonais, fédérateur  et porteur d’avenir :

“la vie associative c’est un désir de transmission, un besoin de pérenniser les actions menées dans une association, de continuer à faire vivre la structure étudiante par le biais de la transmission.”

Photo de clôturePhoto de clôture

 

Remerciements : Tube à Idée / Muséocom / La mairie de la ville d’Avignon / La région PACA / UNEF / Inter’assos / L’Université d’Avignon et des pays du Vaucluse / La mission culture / Jordan Syabri / Marianne Alex / Olivier Huet / Benjamin Bois / Allan Rochette.

 

Une date. Une opportunité d’en savoir plus et de se faire entendre :

Le 27 novembre 2014 à Marseille se tiendra le forum de restitution des Etats-généraux. Faisant un bilan de la quarantaine de fabriques ayant été portées sur le territoire par les jeunes ces derniers mois, ce forum sera l’occasion unique d’interpeller les politiques, de les questionner ou encore de leur proposer des points de vues personnels relatifs aux formes de l’engagement de la jeunesse et de la participation citoyenne. Sera notamment présent M.Michel Vauzelle (Président du conseil régional de la région PACA).

Intéressé? Cliquez! Clôture des états généraux de la jeunesse : http://www.lespetitsdebrouillardspaca.org/Cloture-des-Etats-Regionaux-de-la.html

Articles - Société


Combattre la banalisation du SIDA

            Propos recueillis par Nina Guérineau


Quand il a appris pour sa séropositivité, il n’avait que 37 ans. Ici, en vue des chiffres qui ont paru lors du week-end dédié au Sidaction, Daniel Jean a accepté de répondre aux questions concernant sa maladie.

Alors, tout d’abord, une petite présentation ?

Je m’appelle Daniel, j’ai 47 ans. Je travaille dans la restauration depuis une vingtaine d’années. Je suis sur Avignon depuis plus de 30 ans.

L’interview porte sur les chiffres du SIDA qui sont tombés le week-end dernier, et surtout sur celui qui vise directement les étudiants. En effet, 1 étudiant sur trois ne se protège pas durant l’acte.
D’autres chiffres dans la communauté gay, dont vous faites parti, montrent que le nombre atteint du virus a augmenté.
Je vous interroge aujourd’hui, car vous m’avez précisé que vous étiez séropositif depuis 8 ans. Est-ce bien cela ?

 Cela fait même un peu plus, car je l’ai appris en novembre 2004.

Donc cette année, cela fera 10 ans que vous êtes au courant de votre séropositivité ?

 Oui.

 Comment avez-vous appris la nouvelle ? Et où ?

 J’ai toujours fait l’amour sans capote. De tout temps, je ne l’ai jamais utilisée, si mon partenaire n’en avait pas, je ne m’en souciais pas. Je n’avais jamais de capote sur moi non plus. Je faisais souvent des tests deux, trois fois par an. Et un jour, mon médecin me demande de revenir faire un test. A ce moment là, je comprends qu’il y a un truc qui ne va pas. Je me dis, j’arrête, je mets des capotes. Je pensais l’avoir. Finalement, mon analyse s’avère négative, alors dans toutes les relations que j’ai pu avoir suite à cela, j’ai mis un préservatif.

Mais, une fois, je suis allé à Doubaï pour retrouver un ami avec qui je couchais régulièrement.  Un jour, je rencontre un pakistanais américain qui me plaît tout de suite. Lors du rapport sexuel, on met la capote et je fais attention. Mais mon ami, à la fin de l’acte vient me voir et m’explique que le pakistanais a enlevé la capote au moment de la pénétration.


Quand je suis revenu à Avignon, je suis allé faire un test au laboratoire, et le médecin m’a appelé : « l’analyse n’a pas marché, on aimerait que vous reveniez faire des analyses ». C’est idiot, on sait à ce moment là qu’il y a un problème. Je me suis dit : cette fois-ci, c’est la bonne, tu l’as. Je refais quand même le deuxième test, qu’ils ne m’envoient même pas. Quand ils me l’ont annoncés, je n’ai pas eu la force de jouer la surprise. Tout mon corps le savait déjà, alors au moment de l’annonce, ça m’a chamboulé pendant 10 minutes, j’étais sonné. Je me suis dit que j’allais peut-être avoir une vie moins longue.

Je suis arrivé chez moi, j’ai téléphoné à mon amant pour lui annoncer la nouvelle, afin qu’il aille faire des tests lui aussi, on s’est énervé parce qu’il ne comprenait pas. J’étais aussi en colère contre moi. Les résultats se sont avérés négatifs, heureusement pour lui, mais on a eu très peur.

Toute façon, il fallait que ça m’arrive. J’ai joué avec le feu en couchant sans capote, et je me suis brûlé. Je ne peux pas dire, pourquoi moi ?

 Le médecin vous l’annonce et vous-êtes sonné pendant 10 minutes, mais quand est-il de votre réaction avant l’annonce, lorsque vous devinez que vous êtes séropositif ?

 J’étais dans ma chambre et j’ai pleuré. Je me suis dit que j’avais fait le con. Je savais que ça se soignait mais que c’est un virus et un traitement qui tuent. Tu souffres du traitement parce qu’il est lourd. Ton corps vieillit plus vite, et meurt plus rapidement.

Qui était ou est au courant pour votre séropositivité ?

 Pendant 10 ans, je n’ai mis au courant que mon amant et mon patron. Ma famille n’est toujours pas au courant, personne n’est au courant.

Pourquoi ?

 Je n’ai pas envie d’inquiéter ma mère. Elle m’avait annoncée, après être allée chez une voyante, que je serais le premier de ses fils à mourir. Depuis, elle a toujours eu peur pour moi et me demande en permanence d’aller faire des analyses. Et puis, la famille, c’est la famille. C’était les derniers à apprendre que j’étais gay. Pour moi, mes amis doivent le savoir mais cela m’importe peu de mettre au courant ma famille. Elle représente plus un acquis que quelque chose à entretenir. Les relations sont différentes. Au début, je m’inquiétais plus de savoir comment mes amis allaient apprendre la nouvelle.

Est-ce vous pourriez détailler le traitement que vous prenez ? Les effets ?

 J’ai connu trois médicaments. J’ai appris pour le VIH il y a dix ans, mais cela ne fait que six ans que je prends un traitement parce qu’il fallait d’abord que je guérisse mon Hépatite C.

Un cachet vaut 26 euros à lui tout seul et c’est pratiquement 900 euros la boîte, heureusement tout est remboursé. J’en prends un par jour, et généralement le soir car les effets sont très puissants. Je suis dans la restauration, je reste éveillé assez tard, alors quand j’ai voulu prendre le médicament avant d’aller au travail, j’ai eu l’impression d’être complètement ivre et défoncé. Comme si j’avais fumé et bu avant de venir, je devais me tenir aux murs pour ne pas tomber. J’avais la tête qui tournait, c’était impressionnant. Maintenant, je le supporte bien.

Les plus grosses contraintes de votre traitement ?

Tout ce qui est drogues dures et l’alcool, ne pas prendre les cachets lorsque l’on boit. Mais, c’est surtout prendre un cachet par jour. Je l’oublie de temps en temps. Et puis, ils sont gros, des fois je n’ai pas envie d’en avaler un et n’ai pas envie de subir le lourd effet du cachet. J’ai vu un reportage sur Arte où un médecin se bat depuis des années contre ça. Le cachet peut être pris 3 à 4 fois par semaine, ça fait les mêmes effets, parfois meilleurs.

 Est-ce que cela a affecté vos relations sociales ?

 Personne n’est au courant et c’est pour ça. Je pense que cela peut largement nuire à mes relations sexuelles mais aussi amicales. Je répète, il n’y a que mon plus vieil amant qui est au courant, et là rien n’a changé. Mais j’estime qu’il a besoin de moi, donc ce n’est pas pareil, ce n’est pas un ami.

Qu’est ce qui est le plus dur lorsque l’on vît avec le sida ?

 Mis à part le côté que le traitement est lourd, je pense que le corps endure et subit véritablement, il morfle en quelque sorte. Je me dis qu’un traitement comme le mien, on doit compter quelques années en moins dans la vie. Après, je ne sais pas, je commence à avoir des problèmes de vieux. Tout vient plus vite, le traitement accélère les choses.

Il y a aussi le côté affectif. Avant, je n’avais pas envie de me mettre avec quelqu’un mais j’y réfléchissais, aujourd’hui j’ai encore moins envie, ou alors, il faudrait que je tombe sur quelqu’un de séropositif.

Vous êtes déjà tombé amoureux ?

 Il y a un an, au mois de mars, j’ai voulu mourir. C’était dû à la relation avec un homme, dont je suis tombé amoureux, qui n’a pas fonctionné. Tout est remonté à la surface et surtout ma maladie. Comme si je venais d’apprendre la nouvelle. J’en suis venu à croire qu’il me rejetait à cause du fait que j’étais atteint du sida. Je pensais pouvoir compter sur lui et je ne sais pas … A priori, non. Nos relations se sont dégradées après cela et j’espère pour lui que ce n’est pas par rapport à ça. Le 14 mars 2013, je lui ai annoncé que j’étais malade et le 07 mais 2013 il a décidé de ne plus me voir. Mais j’espère du fond du cœur que ce n’est pas à cause de ça. Je me suis pris un double revers, j’avais de l’amour pour lui.

La communauté gay est le milieu où il y a le plus de risque. Cette année, en France, il y a eu une augmentation de 10% chez les homosexuels. Une étude prouve qu’en vue des progrès de la médecine à fournir un traitement convenable pour survivre, il y a une sorte de banalisation de la maladie. Comme vous le prouvez, on peut vivre 10 ans avec le sida.

Que pensez vous de ces chiffres et de cette banalisation qui s’opère ?

 Je pense que ces chiffres sont un peu faussés puisqu’il y a beaucoup de déclarés positifs qui sont immigrés sud-africains. En France, quelqu’un qui n’a aucune ressource et qui est malade, est pris en charge. Il ne faut donc pas oublier que cela aussi compte énormément. Je me rappel, quand je lisais têtu, que l’on pouvait diviser le chiffre par deux. Au moins 50% des personnes qui viennent sont malades depuis longtemps.

Pour en revenir à la banalisation, je pense en effet qu’elle existe. Je dirais même que la banalisation est plus présente chez les hétérosexuels que chez les gays. Dans les bars ou boîtes gays il y a des messages de prévention ainsi que des capotes absolument partout, ce qui n’existe pas ou très peu dans les milieux hétérosexuels. 

Il y a aussi le côté sexe. Je pense que les jeunes de maintenant voient une banalisation dans le sexe. C’est du n’importe quoi. Si aujourd’hui on n’est pas bisexuel, on est presque hors-norme. Après, moi j’aime ça, mais je pense que c’est à cela qu’on doit prêter attention, la banalisation vient de là.

Un conseil à donner aux étudiants ?

 Le conseil serait d’avoir toujours une capote avec soi, et de s’en servir surtout.

Ce qui pourrait combattre la banalisation de la maladie ?

 Une hécatombe de morts en Europe. Les gens réagiraient tous ensemble à partir de là parce que, malheureusement, c’est souvent le seul truc qui marche.

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Drapeau arc en ciel pour Soirées nocturnesDrapeau arc en ciel pour Soirées nocturnesDécidément, mes meilleures histoires à Avignon auront été le fruit d’errance hasardeuse, tard dans la nuit. Comme dans ma première chronique où je racontais ma rencontre, deux jours après mon arrivée, un mercredi soir à 3 heures du matin, avec une vieille dame un peu xénophobe, cette chronique, écrite deux jours avant mon départ d’Avignon, a démarré alors que, n’étant pas capable de dormir, je titubais dans les rues désertes d’Avignon, aux environs de 2 heures du matin. Cette fois-là, je n’avais toutefois pas le prétexte de l’insomnie créé par le décalage horaire.

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Est-ce assez explicite ?Est-ce assez explicite ?Après avoir invité M . Max RIEUX à Radiovni, et qu’il nous ai parlé de son opposition au projet actuel de la LEO (Liaison Est Ouest : voie rapide qui devrait à terme relier l’A7 à l’A9), nous avons décidé d’aller à la rencontre du collectif LEOPART qui milite activement contre ce projet.

On est le 1er Juin, il fait froid, nous sommes fatigués, mais vous vous en moquez. Ne suivant que notre courage, nous nous engouffrons dans cette zone de végétation luxuriante afin de voir qui sont ces révolutionnaires qui comptent faire barrage de leurs corps aux bulldozers de Vinci.  A peine nous nous éloignons de Cap Sud pour nous enfoncer dans cette contrée étonnamment rurale, nous apercevons ça et là leurs affiches comme autant de signes de leur présence sur le terrain.

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La vieillesse se rajeunitLa vieillesse se rajeunitD’après vous, à quel âge serez-vous contraint de partir à la retraite ?


C’est
la question qu’a posé l’institut de sondage IFOP lors d’un sondage, commandé par Ouest-France, à 1017 personnes. Et moi qui pensais partir à la retraite à 40 ans, je me suis rendu compte que cette réponse n’était même pas disponible (à moins de répondre moins de 60 ans).

J’ai donc décommandé mon billet chez Costa Croisière (et non pas Costa Gavras) que j’avais réservé pour mes 40 ans avec l’option Patrick Juvet qui t’apporte le petit-déjeuner au lit tous les matins, et j’ai rendu mes boules de pétanque ainsi que les gants assortis.

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