Particulièrement sanglant, un humour fin et un petit quelque chose de romantisme, Tarantino réussit encore une fois à mêler des éléments opposés dans une production qui réécrit l'histoire de l'esclavagisme dans l'état du Mississipi.
 
Le 16 Janvier Django Unchained est sorti dans les salles de cinéma en France. C'est le plus grand succès de Tarantino en territoire français, avec 1 000 000 spectateurs en moins d'une semaine. Déjà considéré comme l'un des films les plus controversés de l'année 2013, Django Unchained arrive deuxième au Golden Globe 2013 en nombre de nominations. De plus, Christopher Waltzs a gagné une récompense pour le meilleur second rôle masculin et Tarantino a ramené le globe pour le meilleur scénario. Qu'a donc ce film pour avoir reçu un succès d'une telle ampleur?
Le western spaguetti de Tarantino raconte une histoire d'amour qui se déroule dans les années qui précèdent la guerre Civile en Amérique, où la pratique de l'esclavagisme était à son apogée. Mais comme Tarantino ne rime pas avec monotonie, le film ne se contente pas du mainstream des autres productions qui traitent du même sujet. Le réalisateur avait envie d'aller plus loin dans l'histoire de l'esclavagisme, qui jusque-là, avait rarement été traité de manière décalée. «Casser la glace» sur ce thème tabou, reprendre les faits réels mais donner une chance à une autre réalité, où un esclave devient un héros vengeur. C'est la même formule qu'il avait utilisé dans son dernier film, Inglorious Bastards (2009), où il proposait une version alternative à la deuxième guerre mondiale. Il y a quatre ans, nous pensions naïvement que ce film avait été le sommet de sa carrière. Faux. Django Unchained s'accomplit avec la même intensité, et un succès incontournable.
Django UnchainedDjango UnchainedEn dépit de presque trois heures de durée, le film est tout sauf lassant: nous sommes accrochés par l'histoire (des dialogues bien écrits et des personnages touchants) le casting (d'ailleurs, fantastique), les musiques (on a le droit à du Johnny Cash et du James Brown) et des images époustouflantes, accentuées par une dose exagérée d'hémoglobine, à la Tarantino.
 
Jamie Foxx, Christoph Waltzs, Leonardo DiCaprio et Samuel L. Jackson. Une bande bien choisie pour jouer dans l'Odyssée de Django, inspirée de la production italienne homonyme (et de ses suites) des années 60, du réalisateur Sergio Corbucci. À l'époque, Django était interprété par Franco Nero et l'ouvrage était considéré comme l'un des westerns les plus «sanglants» de son époque.
En réactualisant le genre, Tarantino met en évidence son antihéros Django (rebaptisé Django Freeman). Ex-esclave, il apprend, avec son fidèle compagnon chasseur de prime Doctor Schultzs, l'art de la rhétorique et, bien sûr, celle du tir, une bonne locution et une posture bien plus que charmante. C'est assez plaisant de voir Django style imparable, lunettes rondes, chapeau en tête, sur son cheval à se la péter devant les esclaves encore enchaînés aux côtés de leurs maîtres racistes. Petit à petit le personnage prend de la force, de l'ampleur dans nos esprits et nous conquiert, jusqu'à la dernière scène où nous sommes complètement accrochés par l'évolution de Django.
 
Cependant, docteur King Schultzs, interprété par Christoph Waltzs, ne laisse pas son rôle secondaire être moins important : il a au moins autant de prestance que Django. Possédant un cynisme charismatique et un esprit cultivé remarquable, Schultzs dégage une aura comique fine et irrésistible. D'ailleurs, il offre au récit le point de vue d'un européen sur l'esclavage, qui rappelons le, n'était plus acceptable en Europe à cette époque.
Leo DiCaprio, première fois dirigé par Tarantino, ne fait qu'affirmer sa capacité d’interprétation; Il joue le rôle de Mr. Candie, maître d'esclaves très riche, salaud et impitoyable. D'ailleurs, petite anecdote des coulisses du tournage : dans l'une de scènes culminantes du film, où Calvin Candie se confronte à Django et Dr. Schultzs, DiCaprio se coupe la main, mais continue la scène, qui finalement sera gardé pour la version finale. Accompagné de son conseiller particulier Stephen (Samuel L. Jackson), le «nigga» le plus détesté du Mississipi, le duo attire l’attention par le caractère puissant de ses personnages et par des interprétations formidables : certains parlent disent même une des meilleurs de la carrière de L. Jackson.
Le cœur sursaute, parfois de choc, d'autres fois juste de frénésie et de satisfaction face à une telle qualité cinématographique. On est prêt à le regarder plus d'une fois, ce Django Unchained, qui effectivement nous comble de bonheur.
 
 
Mariana Medeiros Seixas

Commentaires  

 
0 #1 RE: Django Unchained « Gentleman, you had my curiosity, but now you have my attention »jambo ruivão 05-02-2013 20:16
Aprés les nazistes, les racistes... E aprés? Les chauvinistes?
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